Katumbi accusé, une fois de plus, de tentative de coup d’Etat

Katumbi accusé, une fois de plus, de tentative de coup d’Etat

  • 20 avril 2018
  • Hubert Leclercq

Katumbi accusé, une fois de plus, de tentative de coup d’Etat

Le général Delphin Kahimbi, chef du service des renseignements militaires de la RDC (ex-Demiap), sur la liste des personnes sanctionnées par l’Union européenne en décembre 2016, prend le relais de son collègue Kalev Mutond.

Dans une interview à « Jeune Afrique », le général Kahimbi s’explique sur le sort réservé à l’ex-colonel John Tshibangu, déserteur de l’armée congolaise arrêté et extradé de Tanzanie le 5 février dernier, après six ans de fuite.

Depuis cette date, plus de nouvelle de Tshibangu. On apprend aujourd’hui qu’il serait toujours en vie, dans un cachot des services de renseignements militaires sans avoir le droit de recevoir des visites de sa familles ou de ses avocats. Le général Delphin Kahimbi ne cherche même pas à cacher cette situation. Il explique à nos confrères : « John Tshibangu n’est pas un détenu comme les autres, c’est un cas très sérieux ». Avant de poursuivre : « Il a entretenu des contacts très dangereux et a eu des connexions avec des groupes armés et terroristes dans l’est de la RDC. Ce serait donc imprudent d’autoriser qu’il entre en contact avec des tiers qui pourraient lui passer des consignes ».

L’homme de Katumbi !

Dans la suite de l’entretien, le général explique que l’ex-militaire entretient notamment des relations avec certains hommes politiques. Et d’expliquer que le déserteur a cité trois fois le nom de Moïse Katumbi « parmi ceux qui ont financé sa tentative de déstabilisation des institutions ».  De quoi rappeler, notamment, le dossier des pseudo-mercenaires financés par Katumbi ou les dernières rumeurs sur le militant de Filimbi Carbone Beni qui lui aussi aurait été financé par Katumbi (qui lui aurait même offert sa voiture)… ce que le principal intéressé à toujours refusé de confirmer depuis le fond de la cellule des renseignements où il croupit à l’isolement avec quatre de ses amis depuis le 30 décembre dernier pour avoir tenté de mobiliser pacifiquement les Kinois pour la marche pacifique organisée par le Comité Laïque de Coordination, le 31 décembre dernier.

Et les catholiques ne sont d’ailleurs pas épargnés par les accusations du général Kahimbi. « Sachez que des prêtres catholiques sont également cités parmi ceux qui ont encouragé la connexion entre Tshibangu et Katumbi », poursuit Kahimbi qui n’apporte aucune preuve mais annonce qu’il sortira bientôt son dossier.

« Ils vont bientôt me voir dans leur chambre à coucher »

De nouvelles accusations que dément Moïse Katumbi, joint par téléphone ce vendredi en début de soirée. « Je ne connais pas ce Tshibangu. Je ne l’ai jamais rencontré. Je ne lui ai jamais parlé. J’étais gouverneur du Katanga quand il était en poste au Kasaï et même quand il a fui. Toutes ces tentatives de me relier à des coups d’Etat, des coups tordus, démontrent que tous les dossiers qu’ils prétendent détenir contre moi c’est du vent. Ils cherchent donc toujours à construire des accusations de toutes pièces. C’est n’importe quoi. La majorité présidentielle tente depuis des mois de m’accuser de tous les maux. A les entendre, je suis partout, derrière tous les actes repréhensibles qui se produisent en RDC. Si ça continue, ils vont bientôt me voir dans leur chambre à coucher ».

Souvenez-vous de la juge Ramazani

« Le souci », explique un député de la MP, « c’est que tous ces dossiers sont construits n’importe comment. Cela fait des mois et des mois, qu’ils multiplient les mêmes accusations. Plus personne ne peut les prendre au sérieux. Même si Tshibangu devait vraiment faire des déclarations contre Moïse Katumbi, que peut valoir la parole d’un ex-officier en fuite. Personne n’a oublié les déclarations de la juge Chantal Ramazani, elle aussi en exil, contrainte de rendre avec un révolver pointé sur elle, un verdict contre Moïse Katumbi dans une pseudo affaire de spoliation d’un immeuble. Ces gens ne sont plus crédibles pour un sou, mais pour plaire à leur chef, pour être certain de conserver leur poste et de continuer à s’enrichir, ils poursuivent leurs inepties ».

Publicités