RDC : le Botswana appelle à nouveau à l’alternance politique à Kinshasa

RDC : le Botswana appelle à nouveau à l’alternance politique à Kinshasa

Par Olivier Liffran

Le Botswana persiste et signe. Un peu moins de deux mois après la diffusion d’un communiqué au vitriol du gouvernement botswanais contre le régime de Joseph Kabila, le nouveau président Mokgweetsi Masisi a appelé à une alternance politique à la tête de l’État congolais.

Présent à Londres à l’occasion d’un sommet du Commonwealth, Mokgweetsi Masisi s’est exprimé mercredi 19 avril sur la crise politique en République démocratique du Congo lors d’une conférence à l’Institut international d’études stratégiques (IISS). « Les tensions montent en RDC, s’est-il inquiété. Le président est resté au pouvoir plus longtemps que prévu et il y a de l’agitation. »

« Un véritable engagement »

« Le président Kabila s’est engagé à ne pas se présenter aux prochaines élections, a-t-il poursuivi. Ce qui est très encourageant. » Une affirmation plutôt inexacte, car le chef de l’État congolais a toujours observé un complet mutisme sur ses intentions – seuls ses lieutenants ont laissé entendre qu’il ne se représenterait pas.

« Mais nous attendons de lui un véritable engagement à ne pas revenir au pouvoir, par n’importe quel moyen », a souligné Mokgweetsi Masisi, en référence aux rumeurs tenaces d’un changement de la Constitution qui permettrait d’assurer à Joseph Kabila la possibilité de briguer un troisième mandat.

« Accentuer la pression »

Cette déclaration de l’exécutif botswanais intervient à quelques jours d’un sommet de la Communauté de développement d’Afrique (SADC) – qui regroupe notamment l’Angola, le Zimbabwe, le Botswana, l’Afrique du Sud et la RDC -, les 23 et 24 avril. La réunion aura notamment pour thème la situation en RDC, en vue des élections prévues le 23 décembre 2018.

Le 26 février dernier, le gouvernement botswanais, qui était alors encore dirigé par le président Seretse Ian Khama, avait déjà diffusé un communiqué sans ambiguïtés à l’égard du régime de Joseph Kabila, exhortant « la communauté internationale à accentuer la pression » sur Kinshasa, pour l’amener à « renoncer au pouvoir et ouvrir la voie à l’instauration d’un nouveau régime politique ».

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