Zone de turbulence !

Zone de turbulence !

  • Lapros10 MAI 2018

Zone de turbulence !

Toutes les lèvres au Congo-Kinshasa consacrent l’irréversibilité des élections fixées pour le 23 décembre 2018. Quid des cœurs et des têtes ? Il est difficile de dire que c’est autant dès lors qu’à peine 7 mois de ce cap, l’horizon de ces joutes n’est pas de plus clair. Cet état des lieux résulte, en effet, du fait que mille écueils s’érigent encore et toujours au devant de la trajectoire du train électoral qui parait aujourd’hui comme un aéronef traversant une terrible zone de turbulence.

Le curseur peut être posé avec aisance sur cette problématique en relevant divers points qui créent des tempêtes et orages de contestations dans le ciel politique congolais. Primo, le paradoxe relatif à l’harmonisation des vues autour de l’usage ou non de la machine à voter lors du scrutin de fin 2018, présentement aussi autour du fichier électoral qui découle sur que faire de la loi sur la répartition des sièges. Secundo, il y a la mise en œuvre interprétée avec divergence par les politiques de l’Accord de la Saint Sylvestre surtout dans le volet décrispation. Mais, de plus en plus, en l’absence jusqu’ici d’un dauphin au Président Kabila au sein de la MP et vu les idées lancées ‘’proprio muntu ‘’ par certains caciques du régime, le doute ronge les esprits. Autant dire que les dernières cartes qui se battent touchent des points sensibles. A un mois de la convocation du corps électoral par la CENI, c’est çà le décor. La question que les observateurs peuvent se poser à ce niveau est celle de savoir si malgré tous les accrocs, le processus électoral continuera sa marche pour aboutir à des élections qui devront consacrer l’alternance au pays. Il y a lieu de sonner l’alarme à ce niveau.  Car, après avoir traversé 7 mois depuis sa publication, le cheminement du calendrier électoral risque de connaître des à-coups durs de par les temps qui courent. C’est vraiment la zone de turbulence que traverse l’avion des élections au Congo. A plus d’un titre, il faudra beaucoup de tacts et de réflexions pour agir ou parler. Le parfum de la scène politique congolaise n’est plus à l’eau de rose, même si il y a peu, l’arome de la décrispation pendait les nez avec ce meeting autorisé sans accroc de l’Udps puis le deal trouvé sur les obsèques du lider maximo. Ces accalmies étaient-ils des signes des tractations autour de la Primature et puisque la chose est enterrée, le diable n’est-il pas en train de sortir des bois ? Ce n’est pas le grand amour en tout cas entre le régime et l’Opposition. Les opposants ont long comme le bras des aspects à redire sur le processus électoral que mène la Commission Electorale Nationale Indépendante. En plus des points précités, l’aspect de l’inclusivité revient au devant de la scène, surtout avec la recevabilité ou non de la candidature de certains opposants dont éminemment Moïse Katumbi qui vient d’avoir un  nouveau dossier sur ses épaules déjà croulant de plusieurs autres. A la plateforme ‘’Ensemble pour le Changement ‘’, l’on donne déjà de la voix. Cette fois, au sujet du soutien au mouvement rebelle ‘’ALPC ‘’, les Katumbistes vont aussi en justice. A l’Udps l’on dénonce l’incarcération d’une poignée de militants depuis peu. Quand la Lucha pleure Carbone Beni, le CLC vient dans ce décor confirmer la reprise de ses manifs sous peu. A ce tableau où la MP bombe aussi le torse puisque le Congo ‘’ est propriété de tous ‘’, il faut signaler la grogne sociale, puis le coup de colère des étudiants suite à la hausse du prix des transports qui ne saurait, d’ici quelques jours, de causer une inflation générale des prix de denrées de première nécessité. Ce, alors que les fonctionnaires n’ont pas de supplément. Contestations politiques et contestations sociales faisant mauvais ménage en période pré-électorale, la boucle et bouclée, c’est dire que le pays traverse une zone de turbulence protéiforme qui ne sait permettre de savoir qu’est-ce qui peut arriver d’ici le 23 décembre 2018… Est-ce la marche civilisée vers les élections ou pas ? Répondre qui peut.

Danny Ngubaa