Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, un duo qui hante le projet de glissement de Joseph Kabila -JB Kongolo

Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, un duo qui hante le projet de glissement de Joseph Kabila -JB Kongolo

Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi : une combinaison qui donne des insomnies Joseph Kabila

Par Jean-Bosco Kongolo M.

Même si ses partisans n’osent pas le dire ouvertement, par peur de représailles, Joseph Kabila est devenu encombrant pour tout le monde, y compris dans ce qui reste de sa famille politique. Dans tous les quatre coins du pays et dans la diaspora, le seul vœu des Congolais est de le voir partir et de laisser le pays entre les mains de celui ou de ceux qui se soucient de son développement et du bien-être de la population. Dans la course vers l’alternance démocratique, hormis le Dr Denis Mukwege et le cardinal Laurent Monsengwo, de plus en plus sollicités pour conduire une transition sans Kabila, du côté de l’opposition, deux hommes, Félix Tshisekedi Tshilombo et Moïse Katumbi Chapwe, un ancien collaborateur de Kabila, sortent actuellement du lot et créent des insomnies quasi chroniques à Joseph Kabila. Ce dernier, de plus en plus isolé, est très réticent à laisser son parti désigner démocratiquement son dauphin pour une alternance civilisée.

C’est ce qui explique qu’en dépit de l’exil forcé et des dossiers judiciaires dont il est accablé, Moïse Katumbi ne cesse de faire la une des débats médiatiques, politiques et diplomatiques au Congo-Kinshasa comme dans la diaspora. En même temps, à Kinshasa et dans une bonne partie du pays, Félix Tshisekedi s’affirme également comme une alternative sérieuse en cas d’élection présidentielle. Indépendamment des faiblesses de l’un et de l’autre, si ces deux acteurs politiques mutualisent leurs atouts, pour des raisons de pur pragmatisme politique, ils sont capables d’infliger un cuisant échec à ce qui reste de la kabilie. Le premier dispose des moyens financiers lui permettant d’assurer une campagne électorale bien réussie à travers tout le pays et d’un carnet d’adresses qui lui permet de toiser Kabila dans les cercles géopolitiques influents de la planète. Le second est à la tête du plus grand parti de masse congolais et dispose de la base sociologique électorale à nulle autre pareille.

A Kingakati, les stratèges de la MP semblent avoir compris le danger de ce couple mortel pour la kabilie et, par médias interposés, multiplient subtilement des attaques ubuesques et des cabales contre Katumbi tout en espérant qu’à Kinshasa, Félix Tshisekedi finira par céder à la tentation (appât) de prendre la primature pour un énième gouvernement d’union nationale. Prise dans ce tourbillon de la politique congolaise, l’opinion publique se laisse majoritairement distraire et manipuler dans les réseaux sociaux par ces techniques de désinformation de la branche propagande de l’ANR, la police politique de Kabila, et donne l’impression d’oublier qu’au cœur de cette problématique, c’est le tyran Joseph Kabila qui tient à demeurer au pouvoir. Pourvu qu’ils en soient conscients, l’attitude individuelle et/ou concertée entre Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi aura un impact déterminant sur le processus électoral et, par conséquent, sur le régime de Joseph Kabila. Sans prétendre nous substituer à leurs états-majors respectifs, nous sommes d’avis que l’un et l’autre disposent des atouts à conjuguer ensemble pour obtenir le départ de Joseph Kabila.

1. Moïse Katumbi : un exilé imperturbable et gênant

Très peu de gens l’avaient vraiment pris au sérieux lorsqu’il avait utilisé la métaphore d’un troisième pénalty qui serait inacceptable[1]. Malgré sa rupture avec la MP et la création du G7, en passant les procès qui l’ont forcé à l’exil, une minorité de Congolais donnaient à M. Katumbi et à ses alliés le statut d’opposant. D’autres, pour des raisons très subjectives non étayées, continuent de marteler qu’il est en intelligence avec Kabila sans pouvoir démontrer objectivement de manière irréfutable l’objectif de cette mise en scène politique qu’ils prétendent déceler dans le duel Kabila-Katumbi. Et pourtant, en continuant de siéger dans les institutions devenues illégitimes, la plupart des acteurs politiques qui se disent « opposants » continuent de profiter du confort matériel illicite et permettent à Joseph Kabila de consolider son glissement.

Pendant ce temps, imperturbable, M. Katumbi, qu’on l’aime ou pas, semble être le seul acteur politique congolais qui multiplie concrètement ses contacts de lobbying à l’extérieur du pays, qui permettent de cibler Joseph Kabila, de l’affaiblir politiquement à l’intérieur et de l’isoler diplomatiquement au niveau international, dans un premier temps, et sur le plan régional, tout récemment. Bien qu’exilé et sans parti politique, il est parvenu à rallier autour de lui plusieurs acteurs politiques et de la société civile dans une méga plate-forme dénommée « Ensemble pour le changement ». Mieux que les partis et plates-formes politiques connus qui ne cessent de se former et de proliférer, « Ensemble pour le changement » a élaboré un projet de société plus détaillé de 500 pages, répondant du coup aux détracteurs de M. Katumbi, qui le qualifiaient de candidat dépourvu de vision et de programme politique. Cela ne devrait plus laisser place au doute sur ses ambitions de briguer la magistrature suprême dans le camp de l’opposition.

Unique candidat de l’opposition à disposer des moyens financiers suffisants pour soutenir une campane électorale à l’échelle nationale, les moindres gestes, actes et contacts de M. Katumbi ne laissent pas indifférents les services de renseignement et les stratèges de la Kabilie. D’où les propos récemment tenus par Ramazani Shadari, déjà en campagne pour un candidat fantôme, expliquent la peur de voir Katumbi briguer le poste présidentiel : « Parmi les atouts du PPRD lors des scrutins du 23 décembre, il a cité les moyens financiers dont dispose le parti, le nombre considérable de ses adhérents pour faire face au seuil de représentativité ainsi que leur dynamisme. »[2] En effet, tout est mis en œuvre non seulement pour le rendre inéligible, voire même apatride, mais aussi pour inoculer le venin de division et de la haine au sein de l’opposition afin d’empêcher celle-ci de parler un même langage et de faire bloc contre la MP, plus fragile que jamais.

C’est ainsi qu’après les parodies de procès (affaire des mercenaires et de stellionat), qui ont eu pour effet de victimiser M. Katumbi, plusieurs autres fronts judiciaires sont maladroitement ouverts contre lui, lui reprochant d’avoir détenu la citoyenneté grecque pendant qu’il était gouverneur du Katanga, d’être en intelligence avec le colonel John Tshibangu[3], de préparer une rébellion en Ituri[4] et même d’être à la base de la résurgence du virus Ébola dans la province de l’Équateur. Selon le journal en ligne State Afrique citant Lambert Mende : «  Il est passé par des complices locaux pour acheminer le virus et contaminer les populations. Le but poursuivi étant de semer la panique et de prendre le pouvoir. »[5] Il ne reste qu’à l’accuser d’entretenir le réseau des faux diplômes universitaires ou de favoriser le phénomène des points sexuellement transmissibles[6]!

A propos de sa double nationalité, le Procureur général de la République se laisse instrumentaliser, ne réalisant pas la turpitude de ceux qui avaient placé Katumbi à la tête de la plus riche province du pays sans se rendre compte qu’il était étranger. Ce qui, sous d’autres cieux, est un acte de haute trahison et ses auteurs devraient être sanctionnés ! Si donc ce dossier doit aller jusqu’à son terme, l’opinion nationale est en droit d’exiger que la justice soit impartiale et poursuive tous les binationaux politiques (cas de Tharcisse Loseke, Samy Badibanga, le Dr Olly Ilunga, plusieurs collaborateurs de Kabila…) et sportifs (des joueurs de football recrutés en Europe pour renforcer l’équipe nationale des Léopards).

Comme si cela ne suffisait pas, des analyses rédigées par des auteurs anonymes (méthode connue des services de renseignement) se succèdent sur les réseaux sociaux faisant polémique de la présence de M. Katumbi à Kigali et au sujet des propos équivoques qu’il y a tenus, sans y être préparé et surpris par la question. Les uns et les autres ignorent toutefois que la remise du prix Mo Ibrahim se fait à tour de rôle dans n’importe quelle ville d’Afrique[7]suivant un agenda bien connu d’avance. Pense-t-on que Katumbi n’avait que cette occasion pour prendre contact avec Paul Kagame, le bourreau des Congolais, ou aurait-il dû décliner l’invitation alors que ce genre de forums est propice au travail de lobbying?

2. Félix Tshisekedi sur les traces de son père

Du fait d’être fils à papa et pour avoir longtemps évolué sous l’ombre de ce dernier, endurant à ses côtés les affres de la dictature féroce de Mobutu (interruptions scolaires relégations forcées, etc.), Félix Tshisekedi n’apparaissait pas du tout crédible aux yeux de l’opinion publique pour diriger l’UDPS. La mort d’Étienne Tshisekedi en février 2017 a davantage compliqué l’équation du parti, déjà déchiré en factions et en proie à des luttes intestines de succession. Serein et courageux, Félix s’est appuyé sur le dynamisme du Secrétaire général Marc Kabund avec qui il a pu sauver le parti de la noyade et contre sa liquidation programmée dont les bras exécuteurs n’étaient autres que Bruno Tshibala et Tharcisse Loseke. Agissant sous une main obscure facile à deviner, un groupe de cadres de l’UDPS s’était même donné la liberté de suspendre Marc Kabund, en octobre 2017 dans une vidéo qui a échappé à beaucoup d’internautes. Comme il est permis d’en rire, le dernier Directeur de cabinet d’Étienne Tshisekedi, Wakwenda Bukasa, faisait aussi partie de ce groupe. Le bon déroulement du Congrès de l’UDPS constitue donc un message fort, adressé à ceux qui avaient parié sur l’échec de ce duo, en même temps qu’elle indique combien sont nombreux les défis qui jalonnent le parcours du nouveau président du parti. Parmi ces défis, il convient de citer celui de réaliser le rêve de gagner les différentes batailles électorales à venir.[8]

La tâche s’annonce ardue dans la mesure où, si Félix persiste dans son refus de faire le jeu de Joseph Kabila lui tendant le piège de la primature, il sera la prochaine cible du Club de Kingakati après Moïse Katumbi. Il semble d’ailleurs que le gouvernement dit manquer de moyens financiers pour rapatrier la dépouille d’Etienne Tshisekedi et organiser ses funérailles[9]. Habitués à administrer des coups en dessous de la ceinture, ces messieurs qui ne veulent pas lâcher le bifteck utiliseront tous les moyens pour débaucher quelques indécis et d’autres opportunistes qui restent encore dans le parti tout en cherchant à étouffer dans l’œuf toute forme d’alliance qui risquerait d’amener les électeurs à un vote sanction contre le descendant de l’AFDL. En attendant que d’autres prétendants s’annoncent et/ou se positionnent, une alliance entre « Ensemble pour le changement » et l’UDPS suffirait déjà à créer un séisme à forte magnitude à Kingakati.

3. Tshisekedi – Katumbi : un duo mortifère pour la kabilie

Le contexte politique congolais actuel paraît être la reproduction de celui qui avait prévalu avant la chute Mobutu. La classe politique des années 1990-1997 était bipolarisée entre les forces du changement, incarnée par l’Union sacrée de l’opposition radicale (USOR) et le statu quo, représenté par les forces politiques du conclave(FPC). Las de la dictature et de la dégradation généralisée de la situation sociale, le peuple n’avait pas hésité de choisir son camp. Physiquement fragilisé par la maladie, isolé diplomatiquement à cause des violations massives des droits de l’homme[10] et politiquement trahi à l’intérieur par ses anciens adulateurs, Mobutu avait choisi de jouer au dilatoire pour ne pas organiser les élections qu’il savait perdues d’avance.

Kabila, dont le mandat constitutionnel est arrivé à terme depuis le 19 décembre 2016, croit aussi fermement que le temps joue en sa faveur. Conscient de perdre les élections si celles-ci étaient organisées dans la transparence aujourd’hui, il use et abuse des institutions (gouvernement, parlement, pouvoir judiciaire, CENI) et des services de sécurité (armée, police, renseignement) pour retarder le plus possible l’alternance. C’est ce qui explique le chaud et le froid soufflé principalement par la CENI, pas à jour avec son propre calendrier, la tendance du parlement à voter des lois électorales taillées sur mesure pour éliminer les adversaires du PPRD, l’incapacité du gouvernement illégitime à mobiliser les fonds, l’instrumentalisation de la justice agissant aux ordres d’une seule famille politique et le détournement des forces de l’ordre et des services de sécurité au profit d’un individu.

Suite aux pressions de plus en plus serrées, qui ne transigent plus sur la date du 23 décembre 2018, le club de Kingakati ne cache plus sa phobie envers Moïse Katumbi, devenu l’homme à abattre, plus à cause de l’autonomie financière de ce dernier que pour la détention par lui d’une multiple identité ou pour tout autre fait criminel mis à sa charge[11].

A propos de sa double identité, personne n’ignore que faute de carte d’identité nationale depuis 1997 et du fait que le moratoire sur la double nationalité n’a jamais été levé depuis 2007, toutes les institutions nationales sont infiltrées et animées par des étrangers. Aux dires de José Makila, intervenant pour soutenir son Premier ministre Samy Badibanga (de nationalité belge): « Jusqu’à présent, l’Assemblée nationale n’a pas encore levé le moratoire et c’est pour cela qu’il s’agit d’un faux débat. Seule la Constitution est claire. La nationalité congolaise est une et exclusive et le moratoire permet de pouvoir continuer jusqu’à ce que l’on puisse soit réviser cette disposition constitutionnelle soit lever le moratoire pour que tous ceux qui sont sur ce coup de double nationalité ne puissent pas exercer la haute fonction. Donc, au jour d’aujourd’hui, on ne peut pas reprocher à un Congolais d’avoir une double nationalité et d’occuper une haute fonction. Il n’y a que l’Assemblée nationale qui peut lever ce moratoire. »[12]

En ce qui nous concerne, tant que la carte d’identité nationale ne sera pas restaurée pour savoir qui est Congolais et qui ne l’est pas, rien ne garantit que la mise à l’écart de M.Katumbi résolve cet épineux problème et mette le pays à l’abri de la multiple nationalité de ses dirigeants. Ceux qui alimentent cette polémique oublient d’ailleurs ou feignent d’oublier que la nationalité congolaise de Joseph Kabila lui-même et sa filiation à Laurent-Désiré Kabila continuent d’être une énigme pour les Congolais[13].

C’est pourquoi, dans le contexte actuel du scrutin à un seul tour et dans l’éventualité de la tenue des élections transparentes et crédibles, avec Kabila à la tête du pays, une alliance électorale entre Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi mettrait fin aux ambitions de Kabila de reproduire au Congo les schémas de Poutine et de Nkurunziza. En voici quelques raisons :

  • En lieu et place d’une alternance interne qui aurait permis au PPRD et à la MP de se choisir démocratiquement son futur candidat à l’élection présidentielle, ce conglomérat politique s’est fourvoyé dans des stratégies improductives de modification de la Constitution et de glissement. Comme conséquence, la désignation unilatérale du dauphin de Joseph Kabila risque de frustrer imparablement des ambitions longtemps étouffées qui auraient pu faire face à un candidat unique de l’opposition. Selon des sources concordantes et crédibles, certains membres de la MP auraient déjà pris contact avec l’UDPS et « Ensemble pour le changement ». Rien d’étonnant vu la versatilité de la plupart des politiciens congolais qui, après avoir juré leur fidélité au Maréchal Mobutu, se retrouvent aujourd’hui des hypocrites inconditionnels de Joseph Kabila.
  • À l’heure qu’il est et contrairement à ce que Joseph Kabila s’imagine, bon nombre de ses partisans font face au dilemme cornélien entre leur avenir politique et les avantages matériels illicites dont ils bénéficient encore. Au fur et à mesure que se précisera la tenue des élections, la plupart d’entre eux débarqueront du bateau MP pour ne pas se compromettre et espérer se repositionner pour le futur régime. C’est ce qui explique que les secrets des messes noires tenues par la kabilie sont aussitôt dévoilés sur la place publique sous-couvert de l’anonymat.
  • Malgré l’influence négative de leurs entourages respectifs, influence amplifiée par les réseaux sociaux, aucun signe n’est encore perceptible pouvant faire éclater la plateforme politique « Le Rassemblement » ni séparer M. Katumbi et F. Tshisekedi, qui affirment en faire toujours partie. Bien qu’ils soient tous candidats à l’élection présidentielle, les deux semblent avoir davantage besoin l’un de l’autre et, en politique, rien n’empêche que le moment venu, ils trouvent un terrain d’entente pour que par réalisme, l’un laisse place à l’autre et l’appuie.
  • Pressé de respecter le calendrier électoral afin d’organiser les élections à la date du 23 décembre 2018, Joseph Kabila et ses faucons n’ont comme stratégie que la tricherie qui consiste à faire usage d’un fichier électoral manipulé, à disqualifier la plupart des candidats de l’opposition par l’application de la nouvelle loi sur la répartition des sièges et par l’utilisation de la machine à voter/tricher. « Pour justifier ces augmentations inattendues du nombre d’électeurs après le dédoublonnage et la radiation des mineurs, deux hypothèses nous paraissent plausibles : soit la CENI disposait d’une masse de données non traitées au 06 avril, auquel cas elle aurait délibérément publié des statistiques partielles et donc forcément erronées ; soit alors elle a arbitrairement changé les statistiques dans la loi en vertu des critères qu’elle seule connait. On pourrait se dire que ces changements de statistiques ne modifient pas beaucoup la répartition des sièges. Mais c’est oublier qu’ils peuvent impacter profondément la présidentielle qui, elle, se joue en un seul tour et à la majorité simple. »[14] Non seulement cette stratégie incite à l’union de l’opposition, elle risque de se retourner contre ses concepteurs au cas où les élections n’étaient pas organisées à la date prévue. En effet, sous pression des forces du changement, la communauté internationale pourrait souscrire à l’idée d’une transition sans Kabila, qui signifierait l’implosion définitive de la MP.

Conclusion

S’il était respectueux de la Constitution et des lois de la République, Joseph Kabila et sa famille politique n’auraient pas multiplié des embuches pour empêcher ou retarder la tenue de l’élection présidentielle pour une alternance civilisée. Bientôt deux ans vont s’écouler depuis l’expiration de son dernier mandat constitutionnel sans qu’aucun signe n’indique sa volonté de quitter le pouvoir. Bien au contraire, des morts et des détenus politiques continuent de faire les frais de leur droit à exiger la démocratie et l’État de droit.

Dans l’improbable hypothèse de l’organisation des élections auxquelles il n’a toujours pas renoncé de participer pour tricher, ses redoutables adversaires se nomment Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi. D’où la prolifération des UDPS pour semer la confusion auprès de son électorat de ce parti et la multiplication des procès et des accusations qui n’en finissent pas mais qui ne font que rendre Katumbi martyr et plus populaire dans l’opinion publique. C’est pourquoi, dans le contexte du scrutin présidentiel à un seul tour et avec l’adoption de la nouvelle loi sur la répartition des sièges, l’opposition ne peut pas se permettre le luxe d’y aller en ordre dispersé. Au tour des deux hommes, Félix Tshisekedi de l’UDPS et Moïse Katumbi de « Ensemble pour le changement », des compromis peuvent être trouvés susceptibles de donner des insomnies à Joseph Kabila, de faire imploser ce qui reste du club de Kingakati et finalement d’obtenir l’alternance tant recherchée.

Jean-Bosco Kongolo

Administrateur adjoint de DESC

Jean-Bosco Kongolo Mulangaluend est licencié en Droit de l’Université de Kinshasa. Après un court passage à l’Institut National de la Statistique (INS), il a été successivement Magistrat-Substitut du Procureur de la République, Juge du Tribunal de Grande instance, Président du Tribunal de paix, puis Conseiller à la Cour d’appel en RDC. Depuis 2002, il vit au Canada où il a obtenu un diplôme en Criminologie à l’Université de Montréal et un autre diplôme en Relations industrielles et Gestion des ressources humaines à l’Université du Québec en Outaouais de Gatineau.

Références

[1] Lors de son discours à la place Moïse Tshombe, Moïse Katumbi a fait preuve de son managérial footballistique pour semer la terreur au sein de la Majorité Présidentielle (M.P); il est parti d’un exemple de football où par exemple la RDC jouait la finale de la CAN 2015 et que l’arbitre venait d’accorder deux penaltys forfaitaires à l’équipe adverse, et malgré tout, les fanatiques ont accepté les deux pénalty; alors il a posé à la population la question de savoir, faudra-il qu’on accepte le 3è penalty infondé, le public a répondu « NOOOON »; alors dans ce cas le public devra entrer au terrain pour que cela n’ait pas lieu., In https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=332252143631844&id=316567375200321&substory_index=0.

[2] Vac radio, 11 mai 2018, In https://vacradio.com/pour-ramazani-shadary-joseph-kabila-est-et-restera-president/.

[3] http://www.jeuneafrique.com/555537/politique/rdc-affaire-tshibangu-la-defense-dement-tout-financement-de-moise-katumbi/.

[4] https://www.radiookapi.net/2018/05/10/actualite/revue-de-presse/le-potentiel-accuse-dentretenir-une-rebellion-katumbi-mon.

[5] State Afrique, In http://stateafrique.com/rdc-moise-katumbi-a-lorigine-de-lepidemie-debola-dans-le-nord-du-pays/.

[6] « Qui veut noyer son chien, l’accuse de rage. »

[7] Mohamed « Mo » Ibrahim, né en 1946, est un milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur dans le domaine des télécommunications. Il a travaillé pour plusieurs entreprises de télécommunication avant de fonder Celtel qui, à sa vente, comptait 24 millions d’abonnés au téléphone mobile dans 14 pays d’Afrique. Après la vente de Celtel en 2005, pour un montant de 3,4 milliards de dollars, il crée la Fondation Mo Ibrahim pour inciter à une meilleure gouvernance en Afrique, ainsi que l’Indice Mo Ibrahim, permettant d’évaluer annuellement la qualité de la gouvernance pour chaque pays africain. Il est également membre du Comité consultatif régional pour l’Afrique à la London Business School. En 2007, il lance le Prix Mo Ibrahim pour le leadership d’excellence en Afrique récompensant, par un paiement initial de 5 millions de dollars et un paiement annuel à vie d’un montant de 200 000 dollars, des chefs d’État ayant exceptionnellement amélioré la sécurité, la santé, l’éducation, le développement économique et les droits politiques dans leurs pays, et transféré démocratiquement leurs pouvoirs à leurs successeurs. Wikipédia, In https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo_Ibrahim.

[8] Lire aussi Kongolo, JB. Ramasser ou conquérir le pouvoir : c’est le défi qui attend Félix Tshisekedi, In http://desc-wondo.org/fr/ramasser-ou-conquerir-le-pouvoir-cest-le-defi-qui-attend-felix-tshisekedi-jb-kongolo/.

[9] http://capsud.net/2018/05/14/funerailles-detshisekedi-le-gouvernement-dit-manquer-de-moyens/.

[10] Cas du massacre vrai ou supposé des étudiants de l’Université de Lubumbashi

[11] Depuis Mbandaka où il se trouve dans le cadre de la redynamisation des activités du PPRD à l’Équateur, Emmanuel Ramazani Shadary a appelé la population de ce coin du pays à demeurer vigilante face aux tentatives de Moïse Katumbi de renverser par des moyens illégaux les institutions démocratiquement établies. 7sur7.cd, 10 mai 2018, In https://7sur7.cd/new/pprd-equateur-e-ramazani-shadary-appelle-a-la-vigilance-face-a-la-menace-katumbi/.

[12] Rfi Afrique, 21/11/2016, In http://www.rfi.fr/afrique/20161121-rdc-polemique-doube-nationalite-belge-congolaise-samy-badibanga.

[13] Mwamba Tshibangu, Joseph Kabila la vérité étouffée, Paris, L’Harmattan, 2005.

[14] Alain-Joseph Lomandja, Anomalies et questionnements sur les statistiques du fichier électoral publiées par la CENI, In http://desc-wondo.org/fr/author/wondo/.