« Libérez Bemba, la RDC a besoin de lui »

« Libérez Bemba, la RDC a besoin de lui »

  • 29 mai 2018
  • Hubert Leclercq

« Libérez Bemba, la RDC a besoin de lui »

Le 8 juin prochain, dans dix jours, la Cour pénale internationale (CPI) doit se replonger dans le dossier de Jean-Pierre Bemba. L’homme politque congolais, leader du Mouvement de Libération du Congo, peut-il espérer sortir des geôles de la CPI à La Haye, c’est en tout cas le voeu d’Herman Cohen, un octogénaire bon pied, bon oeil, qui est certainement un des diplomates américains qui a passé le plus de temps non seulement en RDC mais aussi dans toute l’Afrique centrale.

A tel point que l’ancien diplomate, qui fut aussi sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, n’a pas hésité à écrire au bureau du procureur de la CPI pour expliquer, dans le climat qui règne actuellement en RDC, les raisons de son engagement en faveur de la libération de Jean-Pierre Bemba.

Pour Herman Cohen, Bemba devait être condamné pour les faits qui sont reprochés à ses hommes, lors de leur intervention en République de Centrafrique, Mais aujourd’hui, après 10 ans de détention et alors qu’il a été condamné à 18 ans de prison pour crime de guerre et crime contre l’humanité, et à un an dans un dossier de subordination de témoins, Bemba devrait être libéré à l’occasion de son procès en appel le 8 juin 2018. Une libération qui devrait permettre à Jean-Pierre Bemba de jouer un rôle politique dans son pays « dans une période de crise politique intense ».

Herman Cohen rappelle que Jean-Pierre Bemba a été condamné pour les atrocités perpétrées par ses troupes du MLC en République de Centrafrique, mais rappelle dans la foulée qu’il n’a jamais été prouvé qu’il était personnellement impliqué dans ces atrocités, ni même qu’il commandait ses troupes qui commettaient ces atrocités.  Cohen parle de négligence dans le chef de Bemba et insiste sur le fait que les dix ans déjà passées derrière les barreaux sont à ses yeux suffisants.

La CPI enquête-t-elle sur la mort des experts des Nations Unies ?

Et le diplomate, qui n’a rien perdu de son approche toute… diplomatique, en profite pour rappeler que les actuelles autorités congolaises commettent elles aussi des atrocités et feint de demander à la CPI si elle enquête, notamment, sur la mort des deux experts des Nations unies abattus dans le Kasaï en 2017.

Pour lui, Jean-Pierre Bemba, leader politique du nord-ouest de la RDC a un rôle évident à jouer dans cette période préélectorale avec un gouvernement en place qui entend tout faire pour « pourrir » les élections.

Il termine sa courte lettre en priant la cour de bien vouloir prendre en compte ses arguments et d’accepter que Jean-Pierre Bemba est demeuré suffisamment longtemps derrière les barreaux.

Le retour du dossier Bemba au devant de la scène à moins de six mois de la tenue des élections en RDC, toujours annoncées pour le 23 décembre, rebattrait évidemment les cartes. L’homme n’a rien perdu de son aura dans l’ouest du pays et même si sa condamnation doit l’empêcher de se présenter à la magistrature suprême, sa seule libération en ferait une pièce maîtresse sur l’échiquier politique.

 

 

Cohen and Woods International

1100 Om.necticut Avenue NW, soiie 600, Washi.ngfDn,

0020006USA Voice: +1-002-390-4466

E-Mail: ooheoaudwoods@gmail.oom

Herman l. Cohen, US Ambassador (1’8bl.’ed) P.reddent

George R Denison, Senior Vi   PI-esident for Congressional Relations

May 25, 2018

International Criminal Court Office of the Prosecutor

The Hague, Netherlands Dear Sir,

RE: Case of Jean-Pierre Bemba

I am writing as a retired American diplomat who specialized in US­ African relations. During my career, I spent considerable time working in the Democratic Republic of the Congo. During that period, I became acquainted with a number of senior Congolese political leaders, including Jean-Pierre Bemba.

I believe that Mr. Bemba’s prosecution for crimes committed in the Central African Republic was legitimate, and that the guilty verdict was correct. Nevertheless, I believe that the result of his appeal of sentence on June 8, 2018 should result in a decision to consider his punishment complete with time already served, and that he should be released to assume his political leadership at this time of crisis in the Democratic Republic of the Congo. His leadership is badly needed at this time of political tension and _regional violence.

I have reviewed the specifics of his case. I note that Mr. Bemba was guilty of negligence in failing to control his troops who engaged in atrocities in the Central African Republic. This is a grave offense. However, there was no vidence that he himself engaged in such atrocities, nor that he directed his troops to engage in such atrocities. I believe that the time he has already served in prison is sufficient punishment for his specific crime of negligence while commanding military units in combat.

The current government in the Democratic Republic of the Congo is engaging in atrocity-like behavior. I hope that the Court is investigating, especially the death in 2017 of two UN researchers. The DRC nation is in the midst of a pre-electoral constitutional crisis. Jean­ Pierre Bemba is the recognized political leader of the northwestern region, through his MLC political party. His presence would help the political leadership steer their country through a very difficult period during which the Congolese government is clearly planning to hold a fraudulent election.

I plead with the  Court to consider my arguments, and  to decide that Mr. Bemba has been sufficiently punished through prison time already served.

Withresp ec t: !

H        Q

Former Assistant Secretary of State for African Affairs