Élections: « Messieurs, Où Sont Vos Projets De Société?»

Élections: « Messieurs, Où Sont Vos Projets De Société?»

A la veille des élections municipales, législatives et présidentielle, certains mouvements politiques affûtent leurs munitions. D’autres par contre font du surplace. On a pas vraiment l’impression d’être à la veille des grands enjeux électoraux.

« On attend voir l’épervier s’envoler avec le poussin avant de tirer », dit-on. Dans certains partis pourtant, on assiste à une inertie probante. C’est à se demander s’ils sont au courant de la tenue d’ici 7 mois des scrutins électoraux.

La MP, le PALU, l’UNC et le MLC à la traîne

A voir l’ambiance morose dans certains états majors des partis politiques à la veille des élections. On pourrait croire que l’on est au lendemain de prestation de serment d’un nouveau président élu.

Sur terrain, l’opinion a déjà assisté à la présentation des candidats à la présidentielle de la plateforme Ensemble mais aussi celui de l’UDPS/Alliés. Du coté de la majorité ? rien. À l’UNC, au PALU et au MLC, aussi on tergiverse encore.

Tous pourtant ont vécu la présentation du projet de société du candidat Moïse Katumbi et ses fameux 100 milliards de $. Au meeting de l’UDPS à la place sainte Thérèse de N’djili, l’opinion a assisté à la présentation partielle de celui de Felix Tshisekedi.

A la Majorité tout comme à l’UNC et au MLC? C’est le silence radio.
Vital Kamerhe s’est pourtant beaucoup illustré lors des marches et consort. On a cru assister à la naissance d’une alliance électorale du genre MLC ,UNC à laquelle le PALU a tenté de s’allier.

Mais cette alliance s’est avérée un mort né. Le PALU est plus préoccupé par l’état de santé de son fondateur et par les luttes internes, que par une envie de remporter les présidentielles.

Entre temps le MLC, toujours privé de son président national détenu à la CPI n’a pas encore son candidat aux présidentielles. Et rien ne présage qu’un plan de son remplacement soit en cours.

Pourtant ce parti a beaucoup d’élus nationaux et provinciaux. C’est le parti majoritaire à l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Le parti est aussi l’un de plus populaire à l’opposition.

 Quand Ensemble et l’UDPS multiplient leurs stratégies et rencontres, au MLC et à l’UNC, c’est encore l’inertie totale.
Le PPRD en manque d’inspiration

Après plus de 10 ans à la tête de ce pays, le PPRD n’a toujours pas achevé ses 5 chantiers et sa révolution de la modernité. Et ce, malgré les tapages médiatiques faites autour de ces projets utopiques. L’heure du bilan est arrivée. Il s’avère déjà très mitigé et largement négatif.

Que peut encore promettre ce parti aux électeurs?

Shadary, son Secrétaire Permanent préfère parler de la fortune de son parti et enquiquiner Moïse Katumbi. C’est à croire que le projet de société de ce parti est la mise à l’écart de Moïse Katumbi.

Tout ce qu’on aura vécu pour les premiers pas de campagne du PPRD se présente comme suit: «Joseph Kabila est et restera le président de ce pays. Accompagnons le dans sa vision de développement. Il est jeune et nous avons encore besoin de lui à la tête de ce pays […]. La RDC n’appartient pas aux italiens. » Ou encore « nous allons gagner les élections parce que nous avons l’argent! ».

Est-ce là tout ce que le SP du PPRD, E. Shadary a comme projet de société pour la population congolaise?

Une population paupérisée par un système de gouvernance irresponsable et « médiocre ». 90% de ses infrastructures datent du Zaïre et sont en état de délabrement avancés.

Comme on pouvait le lire sur un post rapportant les propos de Jacques Mamba dans l’émission « Haute voix » sur CCTV.

« A part le fanatisme, il n’y a rien qui explique un troisième mandat de Kabila! … Shadary arrive à Mbandaka, et déclare: « Nous allons gagner les élections parce que nous avons l’argent! » Il ne dit pas que nous allons gagner les élections parce que nous avons créé 3 millions d’emplois, parce que nous avons amélioré la desserte en eau et en électricité, … Il parle de l’argent qu’ils ont volé, vous voyez l’état d’esprit du Secrétaire permanent du PPRD!  » Où est donc la place de la population auprès de ces politiciens ?

Réponse du berger à la bergère, E.Shadary estime que Kabila a accompli 80℅ de ses promesses. « Dans son imaginaire, sûrement », estime Olivier Kamitatu dans un tweet. Quand on sait que 400.000 enfants sont menacés de malnutrition au Kasaï.

Le temps passe mais ce qui est promis demeure une dette, voire même une utopie.

Alors que le peuple attends un projet de développement de la nation, Shadary exhibe les atouts financiers de son parti.

Le MLC et l’UNC qui se sont évertué lors des marches à réclamer les élections de toute leur force. Curieusement aujourd’hui, l’on assiste à une immobilité cadavérique de leurs part. Ils s’obstinent dans des réclamations et déclarations politiques au lieu de parler de leur projet de société.

Ne devrait-on pas aussi faire preuve de plus de vigilance et réclamer tout en mobilisant pour les élections.

Écart entre vouloir diriger et proposer un plan de gestion

Nombreux aspirent à diriger ce pays. A l’instar de toute cette vielle classe politique lumumbiste, Mobutiste et kabiliste. Mais pour élaborer un programme d’action afin de rassurer ceux qu’on veut diriger s’avère une casse-tête.

Les expériences acquises par les électeurs au cours de 2 dernières élections ont cassé le pont de confiance. Elles ont créé une rupture entre les politiciens d’une part et la population d’autre part. Les deux camps se regardent en chiens de faïence.

Les partis et leurs candidats ont promis terre et ciel lors des campagnes mais pendant leurs mandats, même pas un iota n’a été réalisé.

Les multiples promesses démagogiques devenues des dettes morales les rattrapent à nouveau à la veille des élections.

Quoi de plus normal que d’observer la réticence des uns et des autres à dévoiler ce qu’ils prévoient pour la population. Qu’est ce qui n’a pas été dit et qu’est ce qui sera dit de nouveau qui n’a pas été entendu ?

Quoi qu’il advienne, qui veut être mandaté à nouveau devra avoir le culot de passer par le fil de l’épée. Il doit accepter d’affronter les foules hostiles de Masina à Kinshasa, de Ndosho à Goma, de Mvuzi à Matadi, etc. Mais avec quel discours ?

Nous sommes dans une situation du chien qui retourne à ce qu’il a vomi.

 

Moïse Dianyishayi