Courbette De Pande Kapopo À Joseph Kabila: Politesse Ou Obséquiosité?

Courbette De Pande Kapopo À Joseph Kabila: Politesse Ou Obséquiosité?

Pande Kapopo

Dans une photo qui continue sa ronde sur la toile, l’accueil du gouverneur du Haut Katanga au président Kabila fait jaser.

Une politesse flatteuse ?

Pande Kapopo a réussi à faire parler de sa politesse, si cela en est une bien sûre. On peut le voir dans cette « picture » presque vénérant le président Kabila qui venait d’atterrir à l’aéroport de Luano.

Au moment de saluer son visiteur, le gouverneur a opéré une inclinaison de près de 90° pour saluer le garant de la Nation.

Et ce ne sera pas la seule fois où il aura démontré son « humilité » envers le Chef de l’Etat. Dans une autre photo prise quelques minutes plus tard, on peut le voir cette fois là marchant aux cotés du Raïs avec une démarche obséquieuse sans pareille. Son geste éclipse même les vénérations des catholiques envers le Saint Pierre.

Tout vêtu en tenue militaire, le président Kabila donne l’impression que cela lui sied de voir ses collaborateurs lui réserver autant d’honneur. Ce qui nous rappelle les années Mobutu.

Les esprits avertis diront que le culte de personnalité s’installe de plus en plus en RDC.

Pande Kapopo aurait-il aussi ordonné l’attaque du PND ?

Au regard de cette courbette, l’opinion s’interroge si le Gouverneur n’aurait pas aussi initié le saccage du siège de ce parti. Peut être dans le souci de plaire au chef ?

A voir la vénération de ce gouverneur les Lushois se demandent jusqu’où peut-il aller pour plaire au Chef?

Rappelons que le PND, le parti de Salomon Kalonda Della proche collaborateur de Moïse Katumbi, a été incendié vendredi à Lubumbashi.

Les voisins accusent les jeunes du PPRD, encadrés par des militaires, d’être les auteurs de cette attaque. Et curieusement, aucune autorité lushoise n’a condamné cet acte.

Une attaque avec pour but d’ effacer le visage de Katumbi

A voir le désastre, les malfrats n’auront brûlé que la partie du mur où était dessinée une effigie de Moïse Katumbi, l’ex gouverneur du Katanga devenu la bête noire du régime.

Jusqu’ici nous ne sommes que dans les hypothèses et seule une enquête en bonne et due forme permettra de connaitre les auteurs de ce crime.

Le concerné, lui explique « ils peuvent incendier mon effigie mais ils ne parviendront jamais à brûler mes idées. Ils ne nous feront pas céder avec ces actes de voyous. Notre combat est juste et le peuple est de notre côté », peut-on lire sur le compte twitter de Moïse Katumbi.

Et Felix Tshisekedi de compatir et de rajouter que cet acte explique que la peur a changé de camp. « J’exprime toute ma solidarité avec le PND de SK Dela, parti membre d’Ensemble, plateforme qui soutient M. Katumbi, suite à l’incendie de son siège. Comme je l’ai tjrs dit, la peur a changé de camp. Cela n’entamera pas notre détermination à en finir avec ces méthodes barbares. Tuko nabo! »

Ces courbettes, preuve de l’absolutisme de Kabila ?

Il faut dire que cette énième courbette des autorités du pays face à Kabila devient de plus en plus inquiétante et semble révélateur. Révélateur d’une idéologie qui pourtant semblait être aboli avec la chute de Mobutu.  » Le culte de la personnalité ».

Chaque fois qu’il faut présenter les civilités au chef de l’Etat congolais, les ministres, gouverneurs et autres autorités politiques ont tendances à replier leurs torses, redresser leurs épaules et surtout courber le dos face au Raïs. Cela ne vous rappelle -t-il pas la Corée du Nord ?

Avant Pande Kapopo, le ministre Makila, ex MLC s’est distingué dans cet exercice. Des paroles d’apologie , de magnificence au président Kabila.

Ces propos répétés à chaque cérémonie officielle, ne s’éloignent plus de la divinisation du Raïs. Une garantie de la totale soumission à ses ordres ou simple flatterie ?

Seuls ses auteurs ou lui même le bénéficiaire de ces obséquiosité peuvent nous en dire plus. En tout cas, le président Kabila a failli se voir lécher les bottes cette fois-ci.

Si non ces attitudes semblent crédibiliser des rumeurs faisant état du statut de l’absolu réservé à la toute volonté du prétendu père de la démocratie.

Et comment prétendre développer un pays grâce au dicta du génie d’un seul individu ? La Corée du Nord nous en prendra plus de ce côté d’autant plus que Kim jong Un se présente souvent en treillis militaire. Simple coïncidence, diront les vaccinés du Rais. Sic!

 

Moïse Dianyishayi