Malgré Leur Interdiction, Les Campagnes Électorales Précoces Continuent

Malgré Leur Interdiction, Les Campagnes Électorales Précoces Continuent

Campagne précoce

Bien que formellement interdites par le CSAC et la CENI, les partis et regroupements continuent avec des campagnes électorales latentes.

L’UDPS vient d’annoncer le déplacement pour ce samedi O8 Juin de son SG pour Mbuji-Mayi. Jean-Marc Kabund-a-Kabund s’en va pour tenir des conférences et meetings. Il s’entretiendra aussi avec les cadres provinciaux du parti.

Le tout dans le but de préparer les échéances électorales du 23 Décembre.

La tournée se poursuivra au Kongo Central, au Katanga et ailleurs. Cette tournée qui s’inscrit dans le cadre de la redynamisation du parti cache des ambitions électorales. Elle rappelle sans doute celle menée depuis un certain temps par son homologue du PPRD, E.Shadary.

Campagne électorale 5 mois avant la date requise

Depuis un certain temps, les états majors des partis politiques et des plate-formes sont sous la fièvre électorale. Et ils ne laissent plus filer une seconde.

Pour ce, beaucoup s’adonne à une campagne électorale déguisée en meeting, en tournée de redynamisation, en point de presse, en matinée politique, etc. Qui aussitôt se transforment en campagne électorale.

Ainsi, une campagne électorale précoce est observée en RDC en violation flagrante de la loi électorale.

L’on observe des banderoles à caractère électoral le long des artères principaux tant à Kinshasa que dans d’autres villes de la RDC, des drapeaux des partis attachés sur des réverbères, des meetings de campagne, etc.

La CENI et le CSAC ont en vain tenter de rappeler les partis politiques et les médias à l’ordre. Mais rien n’a été fait dans ce sens.

D’ailleurs le rythme s’est même accéléré. Qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition.

Officiellement, la campagne pour les élections doit débuter le 22 novembre et s’achèver le 21 décembre 2018. Mais sur terrain, le décor est déjà planté et la campagne fait rage.

Le PPRD , l’UDPS et Ensemble déjà en campagne

Les deux grands partis du pays: l’UDPS et le PPRD sont déjà en raz campagne. Et le mouvement ensemble de Moïse Katumbi n’est pas en reste.

Le PPRD a lancé les hostilités à son siège, à Maluku, à la FIKIN et à l’intérieur du pays. L’UDPS lui a emboîté le pas avec son meeting à N’djili Sainte-Thérèse.

Au cours de ses différents meetings, E.Shadary aura réussi à chauffer les nerfs plutôt que de les calmer. Des déclarations lancées comme des ballons d’essais pour voir le ton de la population quant à un nouveau mandat de Kabila.

La question qui se pose est de savoir que feront ces partis pendant la véritable période électorale ?

À l’instar de deux, d’autres, d’autres ont suivi le pas. Le mouvement ensemble a organisé des journées portes ouvertes.

Selon ce mouvement, il s’agit de promouvoir le projet de société de leur candidat, Moïse Katumbi. N’est ce pas une campagne électorale ?

Ensemble revient encore à la charge cette fois-ci avec son meeting prévu ce 09 juin à la place Sainte Thérèse. Le match semble commencé bien avant le coup d’envoi.

Plusieurs faits corroborent cet état des choses

Tous les partis ou presque ont dévoilé leurs candidats aux élections y compris la MP mais sans le dire officiellement.
Beaucoup ont dévoilé leur projet de société et leurs motivations.

Plusieurs se souviendront du propos de Shadary à Mbandaka. «Joseph Kabila est et restera le président. Accompagnons le dans sa vision de développement. Il est jeune et nous avons encore besoin de lui à la tête de ce pays […] La RDC n’appartient pas aux italiens. »

Ou encore le projet de société présenté par Felix Tshisekedi lors de son meeting à Sainte-Thérèse où il a entre autre promu de s’atteler sur une modification de la loi sur la nationalité exclusive.

Moïse Katumbi n’en parlons pas, d’aucun préfère déjà l’appeler l’homme aux 100 milliards de $ de budget.

Chaque jour qui passe, l’on assiste à des actes, des propos et affichages qui renvoient à la propagande électorale.

L’état complice ou passif?

Au regard de ce qui précède, il y a violation flagrante de la loi électorale. Tout comme l’on assiste à une attitude inoffensive voire laxiste de L’état. Complice ou impuissant ?

On dira plutôt qu’il est en déséquilibre. Doit-il empêcher l’opposition et laisser la MP faire? Cela sera très mal vu par l’opinion tant nationale qu’internationale.

Pour le moment, la MP se retient de présenter son bilan au public ni même son candidat. En a-t-il même !

André-Alain Atundu affirmait que le chef de l’Etat ne demandera pas un autre mandat. À ce jour, son dauphin demeure un mystère.

Mais que représente une déclaration d’Atundu dans l’échiquier nationale. Kabila a su bien prouver qu’il est capable de violer la constitution si son pouvoir est menacé.

 

Moïse Dianyishayi