Le Président De La CENI, Obstacle À La Tenue Des Élections?

Le Président De La CENI, Obstacle À La Tenue Des Élections?

Corneille Nangaa
Corneille Nangaa, le président de la CENI, est devenu le principal obstacle à la tenue des élections. Alors que l’opinion nationale et internationale demande l’audit du fichier électoral, Corneille Nangaa ne veut en aucun cas en attendre parler.

Lui, qui a depuis peu fait de la machine à voter un atout incontournable pour les scrutins cette année, ne tient pas à son audit.

Pareil à un étudiant qui veut choisir lui même son jury pour passer un examen. Nangaa s’évertue lui même à choisir qui peut ou ne pas travailler dans l’audit de ce fichier. Il s’oppose à tout ce qui voudrait travailler sur la certification ou non de cette « imprimante » tactile de vote.

Visite inutile des experts Britanniques

Les experts britanniques venus auditer sur la machine risquent de rentrer bredouille. Pourtant cette équipe d’experts est à Kinshasa depuis la semaine dernière. Elle est bloquée dans son travail par Corneille Nangaa.

Il n’a pas donné son accord quant à cet audit. Selon lui, « cet audit ne figure pas dans le calendrier électoral ». Alors que la machine mise en cause, elle même n’y figure pas non plus. Mais Nangaa tient mordicus à l’imposer.

Ainsi des sérieux doutes pèsent encore sur cette machine d’autant plus que une grande partie de l’opposition n’en veut pas. Nangaa est il encore crédible ?

Pourtant l’audit de cette machine permettra d’en relever les failles et de faire recommandations strictes. Lesquelles recommandations ouvriront la voie à un déroulement apaisé et transparent du processus.

Nangaa juge et partie

Quand on regarde de près, Nangaa veut fixer lui même les règles du jeu pour auditer la machine qu’il a lui même commandé.

Comment être à la fois arbitre et commissaire au match dans une même rencontre? Seul Nangaa a la réponse à cette préoccupation.

Pour le président de la CENI, l’arrivée de ces experts britanniques est un « malentendu ». Dans un entretien relayé par la RFI Nangaa dit rester « ouvert à un audit » mais à condition qu’il soit confié à un acteur qui présente des « garanties de neutralité ». Pas par des pays « dont on connait déjà l’avis sur la machine ».

Pourtant même le pays fabricant, la Corée du Sud a mis en doute cette machine. Sûrement, il doit en appeler au bon Dieu pour l’audit puis qu’aucun homme semble le convaincre sur terre.

Pourquoi tient-il tant à cette machine ?

Nangaa a toujours affirmé que cette machine n’était qu’une simple imprimante. Or son audit sera une meilleure façon de rassurer toutes les parties prenantes aux scrutins.

Et voir Corneille Nangaa s’y opposer farouchement, donne une autre raison de croire que Nangaa craint que les failles de cet outil soient révélées au grand jour.

Déjà à quelques mois du scrutin, la première livraison des machines à voter n’ont pas encore été effectuées.

Il y a peu, Nangaa annonçait qu’une délégation de la CENI était en Corée du Sud. Selon lui pour réaliser « un audit qualité ».

Une machine de plus en plus indésirable

Déjà rejetée à l’interne par l’opposition, la machine à voter de Nangaa ne semble pas avoir non plus la côte à l’international. Rappelons que Transparency international écrivait, il y a une semaine, à la société civile de la RDC de rejeter cet outil.

Alors que tous les signaux affichent rouges, Nangaa est le seul à voir vert.

À ce jour, la machine reste avec la possible candidature de Kabila comme les deux seuls obstacles aux élections apaisées en RDC.

Entre temps Nangaa persiste et signe: pas d’élection cette année sans la machine à voter.

Naanga attendu au tournant par les députés

Peut être que la solution viendra du côté du parlement

Entre temps, Corneille Nangaa est auditionné à l’Assemblée nationale au sujet de la probable exclusion du vote des congolais de l’étranger pour les élections du 23 décembre.

Sûrement, la question de la machine à voter y sera abordé. Peut être que au sein de l’A.N, il sera favorable à un audit de la machine électorale.

Ainsi, il pourra démontrer en ce qui en doutent, de vérifier sa fiabilité. Curieusement, ça non plus, il ne veut pas.

N’est-ce pas là une dictature de la part d’une personne censée incarner la démocratie ?

Pourtant la Bible prévient : avant la ruine, le cœur de l’homme s’élève.

 

Moïse Dianyishayi