Tripartite CNSA-CENI-Gouvernement: Black-Out Total!

Tripartite CNSA-CENI-Gouvernement: Black-Out Total!

Les travaux de la Tripartite entre le CNSA, la CENI et le gouvernement lancés depuis le 02 juillet sont à l’arrêt. Selon les informations à notre possession, les trois parties n’ont pas un même objectif. Chacun ayant son propre agenda, le blocage est donc manifeste.

Il est surtout perceptible dans le camp de la CENI et du gouvernement qui cherchent par tous les moyens à reporter sine die les élections combinées du 23 décembre à une date ultérieure.

La salle de réunion à l’immeuble de la territoriale s’est quasiment transformée en salle de monologue inter CNSA.

L’exécutif ne joue pas franc jeu

La partie gouvernement de la tripartite ne semble pas jouer franc jeu à ces travaux censés dégager un compromis autour des questions qui fâchent sur le processus électoral.

Les membres de l’Exécutif national censés éclairer sur les questions sensibles sèchent carrément les séances. Ils doivent notamment parler de décrispation politique avec les cas des prisonniers politiques emblématiques, de la sécurisation des élections avec en toile de fond la problématique de la liberté des manifestations publiques.

Attendu depuis le mardi 10 juillet, Henri Mova Sakanyi dont l’immeuble de la territoriale abrite les bureaux du ministère, est devenu quasiment invisible. Pourtant, il doit exposer sur la décrispation politique et la non-prise en compte des recommandations prises par le CNSA sur les listes des partis et regroupements politiques, la sécurisation du processus et la problématique des manifestations publiques.

Son collègue de la justice, Alexis Thambwe Mwamba lui aussi est absent. Depuis le jeudi 12 juillet, il a été attendu pour évoquer la décrispation politique, notamment la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés politiques.

Au regard de ces absences, les participants aux travaux ne savent plus du tout avancer. D’autant plus que les commissions ne peuvent se réunir sans les éléments apportés par ces deux ministres sur des matières aussi clés de l’accord de la saint sylvestre.

Pourquoi toutes ces manœuvres ?

La réponse a cette question n’est pas sans ambage. La MP et la CENI ne jouent pas franc jeu. Pour preuve, les deux tergiversent sur les recommandations formulées dans l’Accord de la CENCO signé le 31 décembre 2016.

Une telle attitude est loin d’aboutir à une véritable évaluation de l’Accord et du processus électoral. La libération des prisonniers et la machine à voter sont parmi les points qui bloquent le processus.

Mais quand Corneille Nangaa déclare du haut de son trône: « pas de machine à voter, pas de vote ». Est-il entrain d’unir ou de désunir ? Crée-t-il la confiance ou la méfiance?

Et pourtant, l’Accord du Centre interdiocésain est explicite à ce sujet. Tout doit être fait en fonction du compromis entre les acteurs pour des élections apaisées.

Alors qu’on attend les mesures de décrispation, le gouvernement s’attarde avec des mesures de libération des prisonniers d’intérêt commun. Ce qui n’a rien avoir avec l’accord de la Saint sylvestre.

C’est ce qui fait dire à certains analystes que le gouvernement ne roule pas pour la décrispation de la crise politique en RDC. Bien au contraire, il est pour le statu quo.

Le CNSA a un grand travail à faire

Face à cette situation, le CNSA a un morceau dur. Il doit tout mettre en œuvre pour amener les deux autres composantes de la tripartite au respect pure et simple de l’Accord.

Ironie du sort: le CNSA qui organise cette tripartite n’a pas toujours des locaux et de dotation à quelques mois de sa dissolution. Henri Yav Mulang a rassuré qu’elle ne sera faite qu’à l’issue de la promulgation de la loi organique portant fonctionnement de cette institution d’appui à la démocratie. Quand ? Seule le président de la république a la réponse.

Au mois de janvier 2016, le CNSA n’aura plus mandat légal d’exister. Pour ce, les acteurs politiques impliqués sont appelés à jouer franc jeu et permettre la réussite de cette tripartite. Il en va de l’avenir de tout un pays.

 

Thierry Bishop Mfundu