Elikya M’bokolo: Les Larmes D’une Hérésie

Elikya M’bokolo: Les Larmes D’une Hérésie

Science sans conscience n’est réellement que ruine de l’âme! L’éminent scientifique congolais Elikya Mbokolo vient de nous le prouver.

En effet, après le tollé général sur son adhésion au FCC (Front Commun pour le Congo), initié par la MP, l’historien congolais a convié la presse pour « justifier » son choix.

Et pendant près d’une heure, ce dernier s’est illustré dans une confusion totale entre la réalité et son ego démesuré. Ce, avant de se rebiffer le vendredi 20 juillet sur Radiookapi. Il ne cautionnera pas un nouveau mandat de Kabila.

« Vous savez que dans tous les pays même les plus démocratiques, la règle d’or des hommes politiques est qu’une bonne magouille vaut mieux que des bonnes élections. Donc, il sera peut-être candidat. Dans ce cas, beaucoup d’entre nous qui pensons que le deuxième mandat ça suffit, on sortira de ce Font », a assuré l’historien.

Du coq à l’âne, rien d’autres!

Dans une lettre ouverte, l’éminent professeur acculé pour son adhésion au FCC, a voulu se défendre face à ce qu’il qualifie d’ « insultes, accusations grossières et sans aucun fondement et insinuations vénéneuses… ».

Mais dans cette lettre ouverte tout comme dans ses sorties médiatiques, Elikya a prouvé au monde entier qu’il ne maîtrise même pas le contenu de la charte qu’il a signé. L’a t-il lu au préalable?

Comment adhérer dans une plateforme qui soutient un candidat unique que vous ne connaissez même pas ? De Goya l’illustre si brillamment: « le sommeil de la raison donne naissance à des monstres ».

Pour défendre son adhésion à la « MP élargie », Elikya Mbokolo a totalement vogué vers les mers perdues.

Pour lui, la charte du FCC est une continuité du dialogue de la cité de l’OUA. N’est-il pas au courant que cette rencontre a été remplacée par celle de la CENCO?

Pire encore de quelle continuité parle-t-il alors que ce qui a été dit dans cet accord n’est pas respecté? Notamment les mesures de décrispation.

Le professeur justifie son adhésion par son souci de trouver des solutions aux problèmes du Congo. « Dans ce pays où les gens sont obsédés par « la politique », je veux dire la « politicaillerie », la « personnalité indépendante » dont j’étais et que je reste, a été la seule à poser la « question sociale ». C-à-d. la question de la misère rampante dans laquelle croupit l’écrasante majorité des citoyens congolais et à souligner la nécessité́ d’inscrire dans le réel et dans le concret les principes de « la solidarité » dont s’enorgueillit notre hymne national ».

Qu’a-t-il donné à son pays ?

À cette question, l’historien présente sa progéniture et ses biens : son fils qui serait senior manager à l’ONU, les maisons achetées à Paris et à Kinshasa, etc.

Il s’est même targué de son travail à la RFI et sa chaire de professeur dans les universités européennes.

Il y a de quoi comprendre que le titre honorifique de la légion d’honneur reçu soit du gouvernement français. Il a plus donné à la France qu’au Congo.

A se demander même si sieur Elikya détient-il toujours la nationalité congolaise. Ça, on le saura certainement quand il se retirera du FCC. Le cas Katumbi étant une jurisprudence.

L’historien serait-il en fin de compte qu’un homme de controverse. Chantre de la RDC mais qui affectionne « passionnément » de la France.

Professeur de « classe exceptionnelle »?

Justifiant dès lors sa signature, et non une adhésion formelle, par cette recherche de solutions pour la RDC : « C’est dans le même esprit que, informé des discussions qui ont abouti à la création du « Front Commun pour le Congo », j’ai décidé́de participer à la cérémonie de son lancement [..] C’est dire que cette pulsion de « rassemblement » ne s’enferme pas dans les rebondissements stériles et à courte vue de « la politique » congolaise. »

Idée incongru sans doute quand on sait que pour l’initiateur du FCC, Joseph Kabila: tout va bien au Congo.

Il y a de quoi rire pour un professeur de « classe exceptionnelle » de descendre aussi bas. En s’associant avec ceux qui sont à la base de la crise actuelle de la RDC, c’est pour aboutir à quel résultat.

Un musicien n’avait il pas dit: « sois disant guide abungi nzela ». Effectivement, l’homme de « mémoire d’un continent » doit avoir perdu la sienne.

Est ce par attrait financier?

L’homme n’aime pas qu’on touche à ce point précis. Il est venu avec son propre billet, a déjà acheté autant des parcelles et gagne bien sa vie. Sûrement, il est là par « passion » pour son pays.

Mais ne sait-il pas que 10% de la population détiennent 80% des richesses du pays dont presque la majorité des membres du FCC?

Acharnement futile contre l’opposition et l’Eglise catholique

Le savant congolais s’est acharné inutilement sur l’opposition qu’il accuse de léthargie.

« … ils attendent que sorte d’un chapeau magique ou tombe de quelque miraculeux nuage « le sauveur de la R.D.C. » » Et dont beaucoup des membres ne sont pas blanc comme neige.

Et d’ajouter: « Presque aucun des membres de la soi-disante « opposition » sortent de quelque part. Qui, de la deuxième république mobutiste chargée comme on sait des crimes de sang et des vénéneux bénéfices de la prédation internationale du Congo. Qui de l’AFDL première manière, celle de Laurent Désiré Kabila. Qui des innombrables et ténébreuses « oppositions » civiles dont chacun connait la vénalité et la boulimie sans vergogne. Qui, enfin, des divers mouvements armés dont plusieurs ont commis sur le sol congolais des crimes de guerre et des pillages fructueux ».

Si cette analyse sortait de la bouche d’un communicateur de la MP, on aurait tous compris mais venant d’un universitaire, ça vole tellement bas.

Quand on sait que les membres de cette vénalité et boulimie sont plus de son côté que dans l’autre bord, il y a de quoi rire.

L’opposition bien que non exempt des défauts, a au moins le mérite de tenir dans un océan dominé par la pensée unique.

On ne sait pas où serait le pays si elle n’était pas là. Sa petite voix tonne assez pour faire redescendre les pieds de la majorité sur terre.

Mais qu’en est il de la voix d’Elikya?

Elle est restée aphone lors des multiples viols de la constitution. Pourtant son nom signifie: Espoir.

Où était le savant quand les membres de l’opposition organisaient des marches, manifestations publiques et des journées villes mortes sous le gaz lacrymogène de la police nationale ?

Où était il quand les membres du CLC et des mouvements citoyens tombés sous les balles de notre police ?

Il s’est la coulé douce sûrement dans les salons huppés de Paris ou de Lyon.

Pendant que son collègue Ndaywell était recherché pour ses opinions ou Mukwege était menacé de mort pour avoir « réparé » les femmes violées. Les a-t-il soutenues ?

Mais voilà, il soutient le camp de ceux qui sont accusés par la commission de droit de l’homme de l’ONU de restreindre la liberté, de favoriser les massacres des civils, etc.

Le professeur ne sait-il pas que le FCC est la continuité logique de l’AFDL -PPRD – MP?

Simple comparaison des têtes d’affiche: Kabila-Kengo-Tambwe Mwamba-Mova Sakanyi face à Félix Tshisekedi- Moïse Katumbi- Vital Kamerhe- Martin Fayulu. Comparaison n’est pas raison sans doute.

Mais suivant ce tableau l’on peut directement voir où il y a Némée.

Même les plus profanes pourront faire le distinguo entre la jeune et la vieille génération.

Signé au FCC, c’est défendre le bilan de la MP

En signant la charte, le professeur Elikya M’bokolo fait allégeance à celui qui se considère comme étant son autorité morale. Le nier c’est faire preuve d’une naïveté excessive.

Apposer sa signature sur la charte est un engagement formel à défendre les idéaux de ce regroupement. C’est aussi défendre le bilan négatif de la MP dont le FCC est la continuité.

Contrairement aux dires du professeur, le FCC n’est pas un espace d’échange et encore moins une cadre pour trouver des solutions à la crise du pays.

Mais il s’agit bel et bien d’une plateforme électorale qui a pour but de faire triompher un candidat qui ne fait plus de mystère.

 

Thierry Bishop Mfundu