Information judiciaire en Belgique: le camp de Moïse Katumbi se veut rassurant

Information judiciaire en Belgique: le camp de Moïse Katumbi se veut rassurant

L’opposant Moïse Katumbi à Kigali au Rwanda le 27 avril 2018.
© Yasuyoshi CHIBA / AFP

Pour Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi, l’information judiciaire ouverte contre l’opposant congolais en Belgique pour faux en écriture publique au sujet de son passeport est une simple procédure administrative « de routine ».

Une information judiciaire a été ouverte le 27 août en Belgique au sujet du passeport de Moïse Katumbi, l’homme d’affaires et candidat déclaré à l’élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Pour Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, il s’agit d’une procédure administrative et non pénale.

« Personne n’est au courant, ni même les avocats du Moïse Katumbi, s’il y a une information ou pas, déclare-t-il. Nous sommes là dans un dossier technique qui a été ouvert par le parquet de Hal-Vilevorde. Le passeport semi-biométrique avait été disqualifié par les autorités de Kinshasa. Nous sommes donc dans une procédure de routine, administrative. Si information juridique il devait y avoir, il est clair que Moïse Katumbi respecte la justice et se présenterait. Aujourd’hui, il n’y a aucune trace d’une quelconque enquête en cours contre Moïse Katumbi. Un journaliste en mal de sensationnalisme a probablement voulu faire la Une ».

Olivier Kamitatu comprend que les autorités belges cherchent à comprendre ce qui s’est passé « puisqu’un passeport semi-biométrique n’est en plus cours légal, comme l’avait dit le ministre de la Justice congolais. Comme des millions de Congolais, Moïse Katumbi a un passeport semi-biométrique. Il a fait la demande d’un passeport biométrique qui lui a été refusé parce que Kinshasa refuse de lui permettre de se déplacer. S’il y avait eu une information, si les avocats étaient saisis, Moïse Katumbi répondra à la justice belge mais ce n’est pas le cas aujourd’hui ».

Au mois de juin, lors de son arrivée à Bruxelles, le passeport de Moïse Katumbi présentait une irrégularité. Il avait pu entrer dans le pays grâce à un laissez-passer mais n’avait pas régularisé sa situation dans les quinze jours, d’où l’ouverture d’une information judiciaire pour « faux en écriture publique ».

Mise en demeure de l’ONU

Selon une lettre transmise aux avocats de Moise Katumbi, le Haut commissariat des Nations unies a une nouvelle fois appelé la RDC au respect des droits, notamment du droit au retour de l’opposant congolais dans son pays. Selon ce document, Kinshasa devrait assurer la sécurité et la liberté de l’ancien gouverneur de la province du Katanga, dans le sud du pays. Ses avocats ont saisi le Conseil des droits de l’homme, assurant que le gouvernement congolais violait le pacte de droits civils et politiques garantis à l’opposant.

Pour Me Eric Dupont-Moretti, cette nouvelle interpellation montre le peu de crédits accordés par la communauté internationale aux procédures lancées contre son client. « On avait, dans un premier temps, saisi le Conseil des droits de l’homme à raison de toutes ces procédures que je qualifie de bidon : l’histoire immobilière grecque, l’histoire des mercenaires, tout cela ne résistait pas à un examen sérieux, c’était une instrumentalisation judiciaire pour interdire à Moïse Katumbi l’exercice de ses droits », déclare le célèbre avocat français.

Eric Dupont-Moretti rappelle qu’un juge s’est réfugié en France en indiquant avoir été menacé. Le Haut-commissariat avait déjà rendu une décision, le 13 juin, demandant à ce que Moïse Katumbi puisse se rendre en RDC, et surtout que le gouvernement congolais assure sa sécurité et sa liberté. « Nous savons ce que la RDC a fait de cette décision des Nations unies. On a évidemment saisi Genève pour dire : non seulement il n’est pas protégé mais il est entravé dans sa liberté, poursuit l’avocat. Le 29 août 2018, j’ai reçu une lettre des Nations unies m’indiquant qu’il avait été demandé à la RDC d’assurer à nouveau à la fois la sécurité, la liberté, la possibilité pour Moïse Katumbi de rentrer en République démocratique du Congo ».

De son côté, l’Union européenne rappelle à son tour l’importance de conserver un processus inclusif en RDC. Pour Bruxelles, les décisions de la Cour constitutionnelle sur les candidatures invalidées par la Commission électorale seront cruciales pour le processus en question.

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