Mukwege – Katumbi mieux que Ali – Foreman

Mukwege – Katumbi mieux que Ali – Foreman

  • 7 novembre 2018
  • Hubert Leclercq

Mukwege – Katumbi mieux que Ali – Foreman

C’était il y a 44 ans presque jour pour jour, dans une nuit orageuse, à Kinshasa. Le Zaïre et le monde entier vibraient au rythme du combat du siècle entre George Foreman et Ali. Un 30 octobre 1974.

« The rumble in the jungle » est entré dans la légende du sport. Plus de quatre décennies plus tard, sans oser prétendre à une place au Panthéon de l’histoire, c’est une rixe entre deux des plus célèbres opposants au président hors mandat Joseph Kabila qui enflamme les réseaux sociaux.

Après des insultes, Moïse Katumbi et le Denis Mukwege en seraient venus aux mains en plein centre de Bruxelles.

L’article, sorti sur un site approximatif, donne des détails sur les lieux, l’heure précise de ce rendez-vous entre les deux hommes. Il explique qu’il s’agissait d’évoquer « l’échec de la marche du 26 octobre » et « la sortie du FCC ». Premières surprises. Difficile de parler d’un échec dans le cadre de la première mobilisation de l’opposition face à la machine à voter.

Il explique ensuite que la réunion se tenait dans cet hôtel sous les auspices d’un membre du cabinet du Premier ministre belge. Autre surprise. Sans préjuger de la légèreté dont pourrait éventuellement faire preuve un diplomate, on imagine mal un tel trio se réunir publiquement dans un hôtel du centre de Bruxelles.

Ensuite, le texte explique que Katumbi aurait frappé Mukwege et que la police (photo de policiers à l’appui) aurait dû intervenir. Ici, on commence à sourire franchement. Même si l’automne est plus doux cette année, il est rare de voir nos policiers en bras de chemise un 5 novembre.

Mukwege et Katumbi réagissent

La fondation Panzi du docteur Mukwege s’est fendue  d’un communiqué pour démentir les faits. Moïse Katumbi a expliqué son emploi du temps dans un tweet. La rencontre à Bruxelles entre ces deux hommes, à cette date, était simplement impossible.

Cette pseudo information bâtie de toutes pièces démontre surtout que la campagne qui s’annonce en République démocratque du Congo risque d’être une période de désinformation absolue.

Les tenants du régime nous ont habitué ces derniers mois à des sorties très libres, voire mensongères. Personne n’a oublié les déclarations du ministre de la Justice Alexis Thambwe dans le dossier des faux mercenaires imputé à Moïse Katumbi. Interrogé à Kinshasa, l’homme expliquait que Moïse Katumbi avait engagé au moins 600 mercenaires. Le même ministre, interrogé par la télévision publique belge, quelques jours plus tard, parlait alors de 12 mercenaires. Il en avait donc perdi 588 dans son vol SN. Au final, les autorités congolaises ont interpelé un homme…

La fin des sanctions ou des mesures de rétorsion

Le même ministre explique aujourd’hui dans les cénacles diplomatiques kinois que les sanctions européennes qu visent le candidat du FCC Emmanuel Ramazani Shadary sont sur le point d’être effacées par les institutions européennes. L’Espagne serait en pointe sur ce dossier et mènerait un lobbying acharné pour convaincre les Européens. Et si les sanctions ne sont pas levées ? Shadary menace de faire attendre longtemps les diplomates qui souhaiteraient le rencontrer quand il sera élu…

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