Blanchiment des capitaux et tueurs à gage ?

Le régime de Kabila traite-t-il avec la mafia albanaise en Belgique : Blanchiment des capitaux et tueurs à gage ? – JJ Wondo

Les indices de collusion inquiétante du régime de Kabila avec la mafia albanaise en Belgique : Blanchiment des capitaux et tueurs à gage ?

Dossier DESC

Depuis mars 2018, Jean-Jacques Wondo, le journaliste Fabien Kusuanika de Tshangu TV et quelques opposants en exil en Belgique font l’objet d’informations crédibles de menace et d’atteinte à leur intégrité physique par les agents à la solde de l’ANR, la police politique au service de Joseph Kabila. Il est question de neutraliser ces « éléments dérangeants » dont les actions en dehors de la RDC plombent les stratégies diplomatiques du régime congolais et mobilisent de plus en plus les congolais de la diaspora contre les projets d’instauration d’une dictature martiale en RDC. C’est ainsi que plusieurs sources nationales et internationales nous ont alerté sur des menaces précises d’atteinte à notre intégrité physique par des agents de l’ANR, envoyés par Kinshasa, pour mener une série d’opérations « coup de poing » en Belgique et dans plusieurs pays d’Europe, voire aux Etats-Unis.

On nous cite par exemple le nom d’un certain Robert Mbumba dit Roby qui aurait séjourné à Londres. C’est un agent de l’ANR qui a fait ses études à l’université de Lubumbashi. Il aurait reçu la mission de recruter des hommes de main partout en Europe, notamment dans certains milieux des combattants, et d’autres personnes pour tenter de neutraliser plusieurs figures dérangeantes de la diaspora en Europe et traquer les opposants au régime de Kabila. Le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba et Jean-Jacques Wondo seraient les cibles prioritaires à neutraliser à tout prix et par tous les moyens selon nos sources d’information. Une autre source nous mentionne également le nom de l’ancien porte-parole de Kabila, M. Mulegwa Zihundula. Ce dernier a été formellement identifié par nos sources au sein de l’ANR comme agent de la Direction des Opérations de l’ANR/Extérieur ayant mené plusieurs actions en Tanzanie. Il a ni plus ni moins reçu la mission de venir « empoisonner Jean-Jacques Wondo » en utilisant des petites mains qui seront rémunérées. Nos sources le décrivent comme « un agent de l’ANR recruté par Didier Kazadi Nyembwe, alors administrateurgénéral de l’ANR. C’est un lega du territoire de Mwxenga dans le Sud-Kivu. C’est homme très subtil et foncièrement très dangereux qui opère depuis très longtemps pour le compte personnel de Joseph Kabila. Il a notamment éliminé plusieurs résistants du Sud-Kivu dont le général Madoa-Madoa. Il a un accès direct à Kabila et fait partie des rares personnes qui peuvent le voir à tout moment. Il voyage régulièrement à l’étranger, notamment aux Etats-Unis où sa famille est installée depuis plusieurs années. Il accompagne également MM Barnabé Kikaya bin Karubi et l’ambassadeur Séraphin Ngwej lors des missions de la présidence à l’étranger« , nous précisent nos sources à Kinshasa.

Dans cet article, DESC s’intéresse particulièrement sur les accointances entre certaines personnalités de l’entourage de Kabila et un réseau mafieux albanais actif en Belgique.

Selon les premiers éléments d’information recueillis par DESC, il semble que l’ANR a déployé dans le courant du mois de mars 2018 plusieurs agents de l’ANR venus de la RDC et d’autres ayant transité par Brazzaville pour mener des opérations d’attaque des opposants congolais et des membres influents de la diaspora congolaise actifs dans les actions contre la dérive dictatoriale du régime de Kabila. Ainsi, outre ces agents, l’ANR a recruté dans certains milieux de la diaspora congolais plusieurs personnes et d’autres combattants afin d’infiltrer des milieux hostiles au régime de Kabila ou de servir d’appât au profit des agents de l’ANR. On parle d’énormes sommes d’argent mises à disposition de ces taupes.

La piste de la filière albanaise en Belgique en contact avec Emmanuel Adrupiako, l’expert financier du clan Kabila

Selon des informations crédibles parvenues à DESC, on parle de plusieurs contacts nébuleux entre Kinshasa et le milieu albanais impliqué dans l’affaire du passeport gate qui concerne la firme belge SEMLEX, spécialisée dans la fabrication des passeports, des cartes d’identité et des permis de conduire biométriques.

Pour rappel, le parquet fédéral belge a mené des perquisitions au siège de la société uccloise, une commune huppée bruxelloise, Semlex, situé au 384, avenue Brugmann, à Uccle et au domicile de son CEO, Albert Karaziwan. M. Albert Karaziwan, l’administrateur délégué de Semlex, est un belge d’origine syriaque et vit à Watermael-Boitsfort, une autre commune résidentielle riche bruxelloise. Selon le porte-parole du parquet, le fabricant de passeports congolais était visé par une enquête car il est suspecté de blanchiment d’argent et de corruption. La société Semlex est mise en cause depuis avril 2017 par l’agence de presse britannique Reuters pour la manière dont elle obtient des contrats de fourniture de systèmes d’identification et de documents d’identité biométriques en Afrique – et plus particulièrement en République démocratique du Congo (RDC)[1]. Mais derrière cette société se cache Hugues Bilo, secrétaire particulier du ministre congolais des Transports.

Semlex semble très bien implanté un peu partout dans le monde, particulièrement en Afrique, où on aperçoit que plusieurs de ses cadres sont des consuls honoraires. Dans les Balkans et dans le Golf, Semlex est très bien connecté avec un large réseau du crime organisé, selon les experts de la lutte contre la criminalité grave et organisée en Europe qui s’intéressent aux activités des organisations criminelles russes, chinoises, turques, marocaines, albanaises et celles des motards.

A Kinshasa, en juin 2017 aurait œuvré le conseiller financier de Joseph Kabila, Emmanuel Adrupiako. Dans un article antérieur, le journaliste britannique David Lewis, de l’agence Reuters, a relevé sa présence suspecte aux Emirats Arabes Unis, où il aurait participé à la répartition des pots de vins via des montages offshore. C’est sur la trace d’Adrupiako que semblent lancés les policiers belges, suite à la bourde d’un de ses porteurs de valise, le distrait Engo Nkanda, pincé à l’aéroport de Bruxelles-National en possession de 400 000 dollars d’argent cash, il y a deux ans. A qui ces billets étaient-ils destinés ? se pose la question David Lewis[2] de l’Agence Reuters.

Fait curieux dans les activités clandestines d’Emmanuel Adrupiako en Belgique, interviennent des contacts discrets avec des sujets albanais résidant en Belgique. Deux noms nous sont renseignés. Il s’agit de Mme Sadije Rugova, connue officiellement en Belgique comme une fille de chambre dans un hôtel et Xhevat Abazi, dont les activités officielles connues en Belgique sont celle d’agent de joueur de football – étonnant pour un ressortissant d’un pays dont le niveau du football est parmi les plus bas du monde – celle d’agent immobilier. Xhevat Abazi est entre autres le président du club FC Kosova Schaerbeek, une commune où vivent où vit la majorité des 40 000 Albanais de la capitale. Là, la curiosité de DESC s’intensifie. Sadije Rugova aurait des liens de parenté avec l’ancien leader kosovar, Ibrahim Rugova, décédé depuis 2006.

En effet, en approfondissant nos recherches, on constate que M. Abazi est propriétaire d’une villa achetée cash à Braine l’Alleud au prix de 1.000.000 d’euros. En outre, Sadije Rugova serait propriétaire d’une voiture de luxe Bentley, pourtant fille de chambre et qu’avec Xhevat, ils possèdent des propriétés en Belgique, en Albanie, au Kosovo, en RDC et travaillent régulièrement avec Dubaï. Des sources de la presse d’investigation nous ont confirmé des liens entre ces deux albanais et les autorités congolaises dont Emmanuel Adrupiako, le Cons.

Notons que la justice belge mène déjà une enquête sur une instruction judiciaire ASBL dénommée « Centre d’études et de solidarité » avec le Congo » (Asbl CESCO). Cette ASBL serait impliquée dans le juteux contrat des passeports, respectivement en tant qu’administrateur trésorier et administrateur secrétaire, Emmanuel Adrupiako et son homme de main Engo Nkanda. En 2016, l’asbl n’avait « pas d’activité ». « Ni actif ni passif », selon un PV d’assemblée générale, et « aucun produit ni charge » a été dissoute. Cette enquête qui mobilise des policiers de l’Office central pour la répression de la corruption (OCRC) et de l’Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée (OCDEFO) aidés par la Computer crime unit, spécialisée, elle, dans le pompage des données numériques.

Selon d’autres informations nous parvenues de Kinshasa, c’est Zoé Kabila, le jeune frère de Joseph Kabila, n’ayant pas totalement confiance à l’ANR/Extérieur, qui serait à la base de l’utilisation de ce réseau albanais.

La filière albanaise et des informateurs au sein de la police belge pour traquer éventuellement des opposants au régime de Kabila ?

Selon d’autres informations précises recueillies par DESC, il semble que ce réseau albanais a des connexions au sein des services de police et de sécurité belges. Il s’agit des ressortissants kosovars et albanais naturalisés belges qui leur serviraient d’agents « informateurs » car ayant accès au Registre national belge. Notons qu’en 2016, la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles avait procédé à une visite domiciliaire d’un policier du groupe d’intervention de la zone de police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles), soupçonné de fournir des renseignements à des malfrats issus du milieu criminel albanais[3].

En effet, le Registre national désigne le système de traitement d’informations qui assure l’enregistrement, la mémorisation et la communication d’informations relatives à l’identification des personnes physiques c’est-à-dire les citoyens. Il s’agit donc d’une base de données centrale dans laquelle sont enregistrés[4] :

tous les Belges résidant en Belgique ;
tous les Belges résidant à l’étranger qui se font inscrire dans les registres de population tenus dans les missions diplomatiques ou les postes consulaires belges à l’étranger ;
tous les étrangers résidant en Belgique et qui sont admis ou autorisés à s’établir ou à séjourner dans le Royaume ;
tous les étrangers (et membres de leur famille) qui se déclarent réfugiés ou qui demandent la reconnaissance de la qualité de réfugiés.

Quelle plus-value pour le régime de Kabila d’entretenir des relations avec une filière albanaise uniquement aux fins de blanchiment d’argent sale en Belgique, un pays qui surveille de près les mouvements des membres de ce régime kleptocrate ?

Selon une source congolaise de l’ANR, Xhevat Abazi a séjourné dans les mois précédents à Kinshasa et a eu des contacts avec des autorités sécuritaires congolaises. D’autres sources spécialisées nous informent de la possibilité pour le régime de Kabila de se servir de ce réseau afin de recruter des tueurs à gage pour passer à l’acte contre ses opposants. Au niveau belge, il semble que l’OCAM, l’Organe de la coordination et de l’analyse de la menace et les services de police seraient fortement mobilisés pour suivre de près cette affaire. La Belgique prend au sérieux cette menace car craignant la réaction très violente de la forte communauté congolaise en cas d’atteinte grave eu d’assassinat ciblé de certaines figures contestataires du régime congolais. Nos sources à l’ANR disent que le régime dictatorial de Kabila est très déterminé à « sévir » à l’étranger et à passer à l’offensive via les escadrons de la mort qu’il vient déployer à cet effet.

Blanchiment et activités structurelles de la filière albanaise en Belgique

A en croire une enquête menée par l’hebdomadaire belge Le Vif : « Les organisations criminelles albanophones sévissent en Belgique depuis le milieu des années 1990. On parle aujourd’hui de quatrième vague d’implantation de ces groupes mafieux provenant des Balkans. A l’époque, les réseaux albanais tenaient d’une main de fer la quasi-totalité du marché de la prostitution en Belgique. Tout en se maintenant à Anvers et à Bruxelles, ils ont perdu de leurs forces dans ce secteur et se sont reconvertis dans le trafic de drogues et d’armes, ce dernier ayant été alimenté par les stocks dispersés après la chute du mur de Berlin. Une des caractéristiques de la mafia albanaise, réputée opportuniste plutôt que stratège, est qu’elle est polycriminelle : elle s’adonne aussi aux vols organisés et au trafic de migrants.

L’organisation criminelle, en cercles concentriques, est d’abord familiale. Autour d’un noyau constitué de membres d’un même clan viennent se greffer des amis ou des individus provenant du même village d’origine, essentiellement de Tropojë dans le nord de l’Albanie et de la vallée de la Drenica, de Pristina et de Mitrovica au Kosovo. Un troisième cercle est constitué de « collaborateurs », soit de main- d’£œuvre pour les vols en séries, le passage de drogue, la conduite de véhicules… Les Albanais travaillent aussi avec des clans associés, le plus fréquemment ceux de la Mafia italienne, mais aussi de la Mafia turque.

Au fil des années, on a vu croître l’implication des groupes criminels albanophones, toujours mieux intégrés dans la société belge. Ils se sont beaucoup investis dans l’import et l’export de cocaïne qu’ils se procurent directement en Amérique du Sud auprès des Cartelitos colombiens, font livrer à Anvers et redistribuent vers l’Italie et la Scandinavie en s’appuyant sur la diaspora albanaise »[5].

La Mafia albanaise développe de plus en plus des activités économiques, immobilières et de blanchiment en Europe. Durant les années deux mille, les organisations criminelles albanaises disposaient de peu de structures établies, tout au plus quelques commerces, quelques bars et associations culturelles sous contrôle. L’essentiel des structures étaient installées au pays. Les capitaux illégalement acquis étaient réinvestis en Albanie dans la construction de maisons, de stations-services, d’hôtels ou de restaurants. Aujourd’hui, la part de structures mafieuses et la part de réinvestissement au pays restent majoritaires mais plusieurs clans criminels s’installent et investissent dans l’immobilier en Italie, en Allemagne, en Belgique ou aux Pays-Bas. C’est essentiellement dans l’immobilier et l’horeca que les capitaux sont injectés[6].

DESC est preneur de toute information permettant d’en savoir plus sur ce réseau compte tenu des menaces sérieuses qui pèsent sur son administrateur et d’autres activistes congolais de la diaspora. Entretemps, nous invitons les patriotes congolais de la diaspora à plus de prudence car les loups sont bel et bien dans la bergerie.

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC

Références

[1] https://afrique.lalibre.be/13663/rdc-passeports-perquisitions-au-siege-belge-de-semlex/.

[2] https://medor.coop/fr/articles/perquisitions-chez-semlex/.

[3]  https://www.lavenir.net/cnt/dmf20160418_00813040/le-policier-de-la-zone-midi-soupconne-de-renseigner-le-milieu-criminel-n-est-pas-inculpe

[4] http://www.ibz.rrn.fgov.be/fr/registre-national/.

[5] http://www.levif.be/actualite/belgique/portraits-robots-des-mafias-en-belgique/article-normal-166731.html.

[6] http://www.policechatelet.be/index.asp?SecuNews=1316.

 

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