RDCongo: ultimatum des étudiants après des manifestations sanglantes à Kinshasa

RDCongo: ultimatum des étudiants après des manifestations sanglantes à Kinshasa

  • 20 novembre 2018
  • MFC

RDCongo: ultimatum des étudiants après des manifestations sanglantes à Kinshasa

Les manifestations étudiantes se sont poursuivies cette semaine à l’Université de Kinshasa (Unikin), en République démocratique du Congo (RDC). Les protestataires ont donné lundi un ultimatum de 48h pour que les professeurs reprennent les cours.

Les enseignants sont en grève depuis le 8 octobre, pour obtenir de meilleurs salaires et voir respecter la loi qui prévoit que le chef d’établissement soit élu par ses pairs, une disposition dont, disent les professeurs, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Steve Mbikayi, empêche la mise en application.

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Manifestation pacifique

Du coup, l’année académique ne démarre pas, au désespoir des étudiants. Ceux-ci ont manifesté pacifiquement, le 12 novembre, pour demander aux professeurs de donner cours. Mais la police – apparemment appelée par le rectorat de l’Unikin – a tiré à balles réelles sur les jeunes gens. L’un d’eux, un étudiant en licence informatique nommé Hyacinthe Kimbafu, selon Amnesty International, a succombé à ses blessures aux Cliniques universitaires le 15 novembre.

Des étudiants se sont alors réunis spontanément sur le campus pour protester contre ce décès, détruisant des véhicules et jetant des pierres à la police qui est, à nouveau, intervenue à balles réelles, tuant un second étudiant, Rodrigue Eliwo, étudiant de premier cycle en biologie, et blessant « au moins sept autres personnes », selon Amnesty. L’ONG demande aux recteurs « d’entendre les préoccupations des étudiants et d’autoriser la tenue de futures manifestations sans demander à la police d’intervenir pour régler les conflits sur le campus ».

Une nouvelle manifestation a eu lieu ce lundi 19 novembre sur le campus; des étudiants ont élevé des barricades avec des troncs d’arbres et des épaves de véhicules, jetant des pierres aux policiers. Dans une déclaration publique, rapporteRFI, ils ont donné 48h au gouvernement pour la reprise des cours. Ils réclament également des « funérailles nationales » pour les deux étudiants tués.

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Un policier tireur arrêté

La police de Kinshasa a annoncé avoir arrêté le policier qui a tiré sur la première victime et promis qu’il « sera déféré à l’auditorat militaire ». Disant « regretter » ces décès, la police a indiqué que les « événements » ont fait, en outre, huit policiers grièvement blessés et douze véhicules endommagés, dont trois appartiennent à la police.

Alors que démarre ce jeudi 22 novembre la campagne électorale présidentielle et législative nationale et provinciale, le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire n’a pas hésité à parler de policiers « manipulés » et a rappelé sur son compte Twitter que « les balles sont interdites sur les sites universitaires. J’exige une peine exemplaire contre les policiers responsables des tirs qui ont engendré la mort » des deux étudiants. Le ministre a indiqué que le gouvernement paiera les soins médicaux aux blessés et les funérailles des deux morts.

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