Sanctions contre certains officiels congolais : l’UE se prononce ce mardi

Sanctions contre certains officiels congolais : l’UE se prononce ce mardi

Au cours de cette séance de travail, le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne prendra une décision au sujet du renouvellement des sanctions contre 16 citoyens congolais, imposées en décembre 2016 et mai 2017.  Les avoirs de ces officiels sous sanctions européennes sont gelés et ils sont interdits de circuler dans l’espace européen. Aucune banque ne peut faire des transactions financières avec ces gens, sous peine de sanctions.

Parmi les personnalités congolaises sanctionnées, il faut noter le dauphin de Joseph Kabila, Emmanuel Shadary. Il y aussi Evariste Boshab, Lambert Mende, le général Delphin Kahimbi, de la DEMIAP ; le général Célestin Kanyama, Alex Kande Mupompa, Jean-Claude Kazembe et Kalev Mutond, le chef de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR).

Plaidoyer des ONGDH et des personnalités auprès des instances européennes

Malgré les menaces de réciprocité de Kinshasa à l’endroit de l’Union Européenne,  les organisations de la société civile de défense et de promotion des droits de l’homme, dont certaines ont milité pour ces mesures, mènent des actions de plaidoyer et de lobbying  auprès des instances européennes pour le maintien et l’élargissement de ces sanctions ciblées.

Human Rigthts Watch(HRW) a, dans une correspondance adressée au Parlement européen,  appelé  les 27 à étendre les sanctions ciblées afin d’augmenter la pression sur Joseph Kabila et d’autres hauts responsables, pour un environnement propice à la tenue d’élections crédibles.

Pour HRW, les sanctions ciblées de l’UE, ainsi que celles imposées par les États-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU contre des collaborateurs du président congolais Joseph Kabila et les fortes pressions exercées par les dirigeants angolais, sud-africains et d’autres dirigeants de la région, ont manifestement joué un rôle crucial pour convaincre le président Kabila de s’engager à organiser des élections pour son successeur.

De son côté, le prix Nobel de la Paix 2018, le gynécologue congolais, le Dr Denis Mukwege, était au parlement européen le 29 novembre dernier. Dans son intervention, l’homme s’est dit  contre une probable levée des sanctions contre les 16 personnalités congolaises.

Paul Nsapu, président du conseil d’Administration de la Ligue des Électeurs et secrétaire Général adjoint en charge de l’Afrique, a eu des mots durs à l’endroit de l’eurodéputé Louis Michel. Ce dernier soutenait la levée des sanctions contre les officiels congolais, dont Emmanuel Ramazani Shadary.

Aucun des 16 n’a fait l’objet d’une enquête ni n’a été traduit en justice

Parmi les individus visés par les sanctions de l’UE, nombreux sont ceux qui n’occupent plus la même fonction. Certains ont été promus à des fonctions plus élevées, d’autres ont été mutés à d’autres postes.  D’autres encore continuent à jouer un rôle dans la stratégie plus globale de répression, mais de manière moins officielle, signale l’ONGDH américaine.

Mais, il est regrettable de constater qu’aucun des 16 individus visés par les sanctions européennes n’a fait l’objet d’une enquête ni n’a été traduit en justice pour son implication présumée dans de graves violations des droits humains.  Tous les regards sont tournés vers Bruxelles  ce mardi, pour attendre la décision des ministres des affaires Étrangères de l’UE, qui doivent se prononcer pour le maintien ou non  de ces sanctions contre les dignitaires du régime responsables de la répression et restrictions de l’espace démocratique.

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