Fayulu et Tshisekedi, ce qui les rapproche

Fayulu et Tshisekedi, ce qui les rapproche

Publié par : La Rédaction 22 janvier 2019

Le candidat président de l’opposition à l’élection du 30 décembre dernier, Martin Fayulu, a réfuté l’élection de son ami Félix Tshisekedi, et se considère comme le président légitime de la RDC. La scission a surgi spontanément entre les deux hommes mais plusieurs éléments laissent toujours transparaître une forte probabilité de rapprochement.

Félix Tshisekedi, fils biologique de l’ancien opposant Étienne Tshisekedi, et Martin Fayulu sont tous les deux fils d’une même famille idéologique. Ayant tous les deux un esprit UDPS pur-sang, Fatshi et Mafa ont toujours été compatibles dans leurs positions. Depuis 2011, les deux ont fait montre d’une fraternité politique hors-pair. Le premier n’ayant pas siégé à l’assemblée nationale, bien qu’élu député en 2011 [sur ordre de son feu père], Fayulu faisait figure d’un des opposants les plus fermes et les plus tenaces de l’hémicycle, comme le veut l’esprit de l’UDPS, sa famille de base.

Fayulu admiratif du programme de Félix Tshisekedi

Si le concept « ami » en politique a toujours eu comme soubassement les intérêts, l’amitié entre Mafa et Fatshi sort de toute subjectivité. Dans toutes les activités politiques extraparlementaires, réunissant les différents leaders de l’opposition, Tshisekedi Tshilombo et Fayulu Madidi se comportaient toujours en parfait jumeaux politiques. Cette complicité se poursuivra jusqu’aux assises de Genève.

Au mois d’août 2018, quand les candidats à la présidence présentaient leurs projets de société, le candidat de la Dynamique de l’opposition était le premier à encenser le programme de l’UDPS, qu’il jugeait parfait et clair pour la gestion du pays, les dix prochaines années.

« Ce programme qui s’étale sur 10 ans est parfait, et c’est une vision claire pour le pays, il a des objectifs précis à court et à long termes. Nous sommes très flattés », avait confié Martin Fayulu aux médias.

Serait-il donc mieux que Martin Fayulu revienne aux humeurs ayant présidé à l’émission de ce constat et accompagne l’exécution de ce programme dont il s’est dit flatté !

Félix Tshisekedi n’a jamais voulu engager une hostilité avec Fayulu

Dans ses différentes déclarations, où il doit citer nommément Martin Fayulu, Félix Tshisekedi prend toujours soin de précéder l’affectueux vocable « Frère ». Cela est lié au fait que les deux hommes partagent bien de valeurs tant en politique que dans la vie ordinaire.

Après le vote de Fayulu, comme candidat commun de l’opposition à Genève, Félix déclara, « le changement aujourd’hui s’appelle Martin Fayulu ». Cette courte phrase aura également un destin éphémère certes, mais les deux hommes resteront admiratifs l’un envers l’autre, bien qu’opposés sur le terrain de la campagne électorale.

Suite à la pression de son parti, Félix Tshisekedi finit par se retirer de l’accord de Genève, mais il ne tarit point de considération et de respect à l’égard de son frère idéologique et spirituel. « Si le 23 décembre Fayulu est élu président, nous allons applaudir », s’était-il engagé pendant la campagne électorale.

Félix et Martin, frères dans la foi également

En plus de leur appartenance à l’idéologie tshisekediste, les deux hommes partagent également une même foi. Après le désaccord né à Genève, pendant que Fayulu rappelait ses deux amis [Kamerhe et Tshisekedi] à privilégier l’intérêt suprême, Tshisekedi s’est dû de lui rappeler le nom du Dieu qu’ils prient ensemble.

« Cher frère Martin, au nom du DIEU que nous prions toi et moi au Centre Missionnaire Philadelphie, je te demande de dire à l’opinion les termes de l’engagement que tu as pris devant moi, les yeux dans les yeux, 1h avant la réunion ».

Actuellement divisés, sur base des différends d’ordre politique, le spiritualisme lie toujours Martin Fayulu à Félix Tshisekedi. Tous les deux étant fidèles d’une église évangélique, Centre Missionnaire Philadelphie, la tâche incombera peut-être à leur pasteur de contribuer à la décrispation du malentendu entre les deux enfants de Dieu.

La balle serait donc dans le camp du pasteur Athoms Mbuma afin d’éviter le bicéphalisme au sommet de l’Etat [Félix ayant été proclamé et confirmé président de la république élu de la RDC, et Fayulu s’étant autoproclamé président légitime].

La proximité est bien la caractéristique de la relation qui a toujours existé entre les deux leaders de l’opposition Félix Tshisekedi et Martin Fayulu [le premier désormais président de la République]. Avant les assises de Genève, aucun indice n’annonçait l’avènement de la fissure au milieu de cette pair de complices qui, contrairement aux autres acteurs politiques, semblaient entretenir une relation de parfaite franchise.

Pour l’intérêt de la nation, la réconciliation entre les deux citoyens reste envisageable au vu de ce qui les unit, qui certainement est plus fort que ce qui les sépare.John Achiza
MEDIA CONGO PRESS / Prunelle RDC

Publicités